Viens revivre ici les plus grands exploits qui ont fondé la légende de la NBA: Larry Bird, Michael Jordan, Magic et bien d'autres encore.
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par Gatess
#294574
Bonjour à tous,

Je me permets de poster mon article sur B4L : la biographie du Big Aristote, fraichement transféré à Cleveland, depuis ses plus jeunes années jusqu'à sa fin de période arizonienne (achevé il y a plusieurs mois, le papier ne prend donc pas en compte son départ chez les Lebron Cavaliers). Publié sur un autre forum, l'article a reçu de nombreux commentaires positifs, et je me suis dit qu'il était judicieux de le faire connaitre, d'où ma publication sur ce site.
Bonne lecture à tous, n'hésitez pas à laisser votre avis.



Shaq, The 8th Wonder


C’est une légende vivante. En plus des classiques que sont Jordan ou Magic, c’est le genre de nom que tout le monde, même ceux qui ne s’intéressent pas du tout au basket, ont déjà entendu au moins une fois.
Shaquille O’Neal.
Ce nom évoque tellement de choses : un physique difficilement comparable, des frasques extra-sportives innombrables, des déclarations venant largement concurrencer des professionnels en la matière tel que Sir Charles Barkley… et surtout, un des plus grands pivots de l’histoire de la NBA. Cliché, mais tellement vrai, Shaq a déjà sa place réservée au Hall of Fame et les maillots des clubs par lesquels il est passé n’attendront plus longtemps avant d’être suspendus au sommet de salles comme le Staples Center ou l’American Airlines Arena.


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« Lorsque je partirais, ce sera parce que mon temps sera terminé, et non pas parce que quelqu’un joue mieux que moi ou qu’un joueur ait fait plus que moi. […] Tout ce qu’un pivot fait, c’est moi qui l’ait inventé ».


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Part 1 : Born to be a legend

The Little Warrior.

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Voilà un surnom bien curieux pour le poids lourd O’Neal. Mais « Little Warrior » n’est pas un surnom, c’est la signification arabe de son prénom complet : Shaquille Rashaun. Un prénom, il faut bien l’avouer, pas très visionnaire étant donné le physique du personnage… chez les O’Neal, c’est de famille : son grand-père, déjà, faisait 2m10.

Quoi qu’il en soit, Lucille O’Neal et Joe Toney mirent au monde leur « Lil Warrior » le 6 mars 1972 à Newark, la plus grande ville du New Jersey, située à quelques kilomètres de Manhattan. Lucille, qui devient alors une jeune mère de 17 ans (« une mère plus loyale, cela n’existe pas » commentera Shaquille plus tard), donnera encore à son premier fils 2 sœurs et un frère : Lateefah, Ayesha and Jamal, mais avec un père différent. Car Joe Toney, en 1972, est encore un étudiant et est peu envieux d’une vie tranquille avec sa famille ; très fêtard, le jeune père aura de nombreux problèmes et ne se mariera jamais avec Lucille.
Bien au contraire, il ira en prison et abandonnera son enfant et sa mère : elle et Shaquille vivront tous seuls, restant dans le New Jersey pendant quelques temps, jusqu’à ce que Lucille trouve un travail. Shaquille est encore un bébé lorsque sa mère rencontra Phillip Harrison.

Et c’est bien lui, qu’on connait plus communément sous le nom de Phil’, que Shaquille considère comme son vrai père. « Mon père biologique n’en avait rien à faire de moi ; au contraire, Phil m’a appris les fondamentaux de la vie et m’a montré ce qu’était la discipline. Sans lui, je serai surement - comme beaucoup de jeunes - tombé dans la drogue ou autre conneries du genre ; mon père m’avait prévenu de ce qui m’attendait s’il apprenait une telle chose. Le connaissant, j’ai préféré m’abstenir plutôt que de s’avoir de quoi il s’agissait. ».

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Shaq et son père, Phil Harrison

La jeunesse de Shaquille fut marquée par les multiples déménagements (en Allemagne notamment, alors qu’il n’avait que 6 ans) en raison des obligations professionnelles de Phil, ce dernier travaillant d’ans l’armée. Il passera beaucoup de temps à réaliser des aller-retour entre les Etats-Unis et l’Allemagne, emmenant souvent son fils avec.

Mais Phil est surtout celui qui apprit le basket-ball à son fils. Il faut dire que le physique de Shaquille est assez impensable : à 13 ans et quelques jours, il atteint le double-mètre. Mais malgré des entrainements personnels sous le coaching de son propre père, Shaquille ne possède pas encore les parfaites bases du sport, et est refusé dans bons nombres d’équipes. On reproche notamment à Shaquille O’Neal d’être un enfant qui possède une très (trop) forte personnalité : il s’énerve rapidement, et son fort tempérament joue (du moins dans le domaine sportif) en sa défaveur.

En fait, la carrière du futur Big Diesel est presque lancée par hasard, de manière quasi-fortuite. Phil O’Neal, qui se trouve en Allemagne pour (une fois plus) ses obligations militaires, emmène comme souvent son fils sur un terrain de basket du camp en fin de journée. Shaquille est à présent habitué à recevoir presque tous les soirs les conseils de son père qui a énormément d’ambition pour son fils. Or ce soir-là, sur la base de Wildflecken où travaille le père de Shaquille, se trouve Dale Brown, le coach de Louisiana State University.
Attiré par ce personnage de près de 2 mètres, Brown est convaincu qu’il s’agit d’un adulte. Ainsi, surpris par la puissance et taille du phénomène, coach Brown s’approche de Shaq pour lui demander depuis combien de temps il se trouve dans l’armée. Interloqué, le père de Shaquille répond au coach qu’il s’agit de son fils, et qu’il n’a que 13 ans. La réponse, surprenante pour le coach qui n’avait jamais vu ça, fut sans appel ; ébahi par ce jeune géant, il demande à parler à Phillip Harrisson sur le champ. Il a bien l’intention de garder un œil sur l’évolution de l’adolescent. Et il tiendra parole.

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Lil’ Warrior, tatoué sur le ventre de Shaquille. Si le second terme lui convient bien, le premier un peu moins.
Ce qu’il ne tardera pas à prouver…



L’apprentissage

De retour au pays, le père de Shaq n’a qu’une idée en tête : faire de son fils une star du basket-ball. Une conviction poussée par le physique hors-norme de Shaquille, qui n’arrête pas de grandir : il atteint ainsi les 2 mètres 10 pour ses 16 ans, et ses baskets taille 53 deviennent trop petites. Lorsqu’O’Neal revient donc aux Etats-Unis, il va multiplier les tentatives de sélection dans les grandes équipe. Mais si sa taille bluffe tous les coachs, aucun d’eux ne veulent de lui : Shaq est bien trop maladroit et est trop peu confiant sur un terrain de basket. Néanmoins, il recevra de nombreux encouragements, selon lesquels s’il continue à s’entrainer et à bosser à fond, il pourra largement devenir un joueur de basket-ball pro. Si les remarques semblent au départ plutôt être un « tu n’as pas le niveau » dit de façon un peu plus sympathique, Shaquille va prendre ces remarques très au sérieux, et se mettre au boulot. Il va apprendre à dunker correctement, longuement travailler ses premiers moves dos au panier, et enchainer les cassettes de matchs NBA qu’il analysera longuement avec son père.

Et enfin, le tournant a lieu, avec l’équipe des Courgars de Cole High School à San Antonio. Pour sa première saison, O’Neal mène son équipe à un total de 32-1 en saison régulière. Pour sa seconde saison, c’est un parcours sans faute : 36-0, et au final le titre de du championnat AAA au Texas. Les statistiques individuelles sont quand à elles, incroyables : en 2 ans et 69 matchs, Shaquille O’Neal compile ainsi en High School 32,1 points, 22 rebonds et 8 passes par match. Non non, aucune faute de frappe. Des chiffres assez inhumains : le « petit » Shaq, âgé de 17 ans seulement, a déjà pris sa revanche sur tous ceux qui ne croyaient pas en lui. Alors qu’on lui reprochait de ne pas avoir acquis les bases du basket, O’Neal impressionne les plus grands spécialistes du genre. Un sens de la répartie par les statistiques déjà bien acquis…

Mais ce qui est peut-être le plus extraordinaire chez O’Neal en High School, c’est cette incroyable domination sur le parquet : les autres joueurs sur le terrain semblent tous certes minuscules face à la carrure énorme du jeune pivot, mais surtout impuissants face à la tornade de 2 mètres 10 qui prend tous les rebonds et martyrise les panneaux. Il est tout bonnement indéfendable.

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Juste pour le plaisir : 32,1 ppg, 22 rpg, 8 apg. Effectivement, c’est du lourd. Du très lourd.

« The best high school player in the United States », ni plus ni moins, comme dit ci-dessous dans une vidéo rassemblant des images assez incroyables d’O’Neal à Cole High School.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=9WGJCp4eJa4[/youtube]


Go on, Shaq, go on..

Shaq a vraiment tout pour lui. Ca n’est pas seulement un grand joueur : c’est aussi un excellent élève, qui de plus est très polyvalent. Après avoir obtenu de nombreux diplômes dans la science politique, c’est aussi actuellement le seul joueur NBA à avoir obtenu un MBA (Master of Buisness Administration). Mais le Shaq ne compte pas s’arrêter là : dès sa retraite prononcée, il compte se lancer dans des études de justice criminelle.

Pour en revenir au domaine sportif, et ça n’est pas une surprise : les statistiques du jeune O’Neal, même si il faut les relativiser étant donné qu’il ne s’agit pas du plus grand championnat des Etats-Unis, feront tout de même grand bruit dans le pays, chez les coachs des plus grandes universités. Et si il y en a un qui va plus que les autres s’intéresser (ou se ré-intéresser…) au jeune mais imposant prodige, c’est bien Dale Brown, toujours coach de Louisiana State University. Celui qu’il avait rencontré dans une base militaire en Allemagne est à présent le joueur de High School le plus prometteur des Etats-Unis.
Depuis 4 ans, Dale Brown était resté en contact avec le père de Shaquille et a suivi la progression du prodige avec grand intérêt. L’objectif était clair : le faire venir, dès qu’il se trouve en âge et au bon niveau, à Louisiana State University. Sauf que lorsque Shaq quitte Cole High School, la concurrence est extrêmement rude… un pivot dominant comme ça, c’est un bijou dans une équipe universitaire
Bingo pour Brown; les années universités d’O’Neal, qui débutent en 1989 se dérouleront effectivement chez les Tigers de LSU, coach Dale Brown ayant réussi à être assez convaincant et proche de la famille O’Neal pendant l’éclosion du joueur.

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Plus qu’un coach et son ancien élève, Dale Brown et Shaq sont restés très proches

Dès son arrivée, le joueur au gabarit hallucinant est énormément médiatisé. Les plus grands magazines sportifs US ne cessent de vanter les qualités du pivot, décrivant son potentiel sans limite. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne seront pas déçus. O’Neal restera 3 années à LSU. 3 années de domination extrême sur ses adversaires, de records et de récompenses.
Inutile sûrement de détailler année par année ses années à LSU. Toutefois, on ne peut pas passer sur ses performances tout bonnement impressionnantes. Plus d’un match sur deux, O’Neal réalisera plus de 5 contres par match, avec une pointe à 17 contres (record NCAA) lors de sa deuxième saison, en décembre 1990 ; de plus, c’est le premier joueur depuis Charles Barkley à être le meilleur rebondeur de sa division 3 saisons consécutives. Vainqueur du titre de « National Player of The year » en 1991, O’Neal constituera cette même saison, un nouveau record avec 5,2 contres par match, et sera leader de la division sud-est en scoring, rebonds, contres, et pourcentage aux shoots. Fort logiquement, O’Neal verra son numéro 33 à LSU retiré (en compagnie de Pete Maravich et Bob Pettit) fin 2000, après avoir passé 3 ans (de 1989 à 1991) à humilier ses défenseurs avec une moyenne de 21.6 points, 13.5 rebonds et 4.6 blocks par match. Sa troisième et dernière saison sera une apothéose avec 27,6 ppg, 14,7 rpg et 63% de réussite. Une dizaine de trophées pour au final des années pré-NBA plus que réussies.

Mais malheureusement, Shaquille ne réussira jamais à conduire son équipe vers les sommets. L’une des équipes les plus médiatisées de par la présence du charismatique pivot n’en reste pas moins l’équipe spécialiste de l’élimination dès le premier tour des phases finales.

Pour son départ, Shaq ne pourra s’empêcher de, déjà, laisser la fameuse O’Neal’ touch : lors de la remise d’un trophée (un de plus) en son honneur, il déclara qu’ils devraient rebaptiser Louisiana State University, en gardant les mêmes initiales, mais en la renommant « Love Shaq University ».
Je vous l’accorde, ce n’est pas encore du Big Diesel de très haut niveau. Mais cela ne saura tarder. En tout cas, reprenant la célèbre réplique du film les guerriers de la nuit, Shaq enflamme à chaque match tout le public en scandant aux spectateurs « Can you dig it ? Hear me, Can you dig it ?! ». Les prémices d’une partie de ce qui a fait le succès de Shaq : sa répartie et son culot peu communs.

Bref, autant vous dire que Shaquille n’est déjà plus un « Lil Warrior ». Au contraire, comme vous le prouvent ces quelques images ci-dessous il a déjà tout d’un très talentueux big men des parquets.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=8Ih2EnUeCyU[/youtube]

La suite, elle, est bien connue. Le 24 juin 1992, Shaq décide bien tout naturellement de passer au palier supérieur, et se trouve (tout comme Alonzo Mourning, Latrell Sprewell ou encore Robert Horry) à Portland pour la draft NBA 1992. Grand favori, O’Neal ne restera pas assis sur son siège longtemps. Lorsque Stern appelle son nom, c’est l’histoire d’un des plus grands pivots de la NBA qui peut débuter.


Part 2 : The Beginning of the Legend



C’était le grand favori de la draft 1992. Trois saisons universitaires tellement extraordinaires qu’il ne pouvait en être autrement : Shaquille Rashaun O’Neal est le premier candidat à se lever pour serrer la main de David Stern ; un O'Neal tout sourire, élégant et qui semble déjà tellement sûr de lui. Les images défilent à la télévision américaine (cf vidéo ci-dessous), montrant les exploits physiques du pivot, qui a largement le gabarit pour être un des pivots les plus imposants de la ligue.

Certes, dominant il l’a été, et c’est peu de le dire, depuis 1989 à Louisiana State University. Mais sera-t-il capable de l’être au milieu des Hakeem Olajuwon, Patrick Ewing ou autres David Robinson qui règnent dans les raquettes de la grande ligue ? Là est toute la question pour le Magic d’Orlando, qui a choisi assez logiquement Shaquille pour pouvoir construire autour du joueur dont on a dit tellement de bien.
A lui de prouver qu’Orlando a fait le bon choix.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=RRbc1k9rl6w[/youtube]



It’s not gonna be easy…

Mettons les choses dans leur contexte, afin de se rendre compte de la lourde tâche qu’O’Neal se doit d’accomplir. Orlando est une jeune équipe créée seulement 3 ans avant l’arrivée du Shaq. Lors de son année de création en 1989, Orlando est une équipe extrêmement offensive, qui réalisera un premier mois prometteur, mais qui ne dépassera pas les 20 victoires au terme d’une première saison bien fade, le Magic devant assumer le lourd rôle de moins bonne défense de la NBA.
Comptant dans ses rangs entre autres Reggie Theus, Terry Catledge ou encore Skott Skiles, l’équipe peine à se faire une place dans la grande ligue, et si la saison 90-91 semble être source d’espoir pour les fans floridiens (31 victoires au final, avec un rookie plus que prometteur en la personne de Dennis Scott, et un titre de MIP pour Skott Skiles), la saison suivante est une nouvelle déception. L’équipe est minée par les blessures, Skiles ne jouant pas le quart de la saison et l’absence de Nick (qui n’est pas encore « The Brick ») Anderson pendant 2 mois se soldant par une série de 17 défaites consécutives en milieu de saison.

Orlando a besoin de changement, et vite. Le 1er choix de la draft est une chance inouïe pour la nouvelle franchise, qui a pour but d’acquérir un joueur jeune et charismatique grâce auquel Orlando pourra cesser d’être considérée comme la jeune équipe incapable de se hisser dans les sommets du classement. De plus, les franchises NBA ont toujours préféré construire autour d’un big men plutôt que d’un arrière (dernier exemple en date à la draft 2007…) Je ne crois pas qu’il est exagéré de dire que Shaquille O’Neal est le joueur parfait pour la franchise floridienne : son parcours universitaire et sa présence sans pareil sur les parquets NCAA sont déjà connus dans tout le pays.
Un peu comme pour les Bulls en 1984 avec l’arrivée de Jordan ou les Spurs en 1989 avec celle de David Robinson, l’année 1992 est le début d’une nouvelle ère à Orlando qui accueille Shaquille O’Neal.
Pour plus de 40 millions de dollars, Shaq sait à présent que sa saison rookie va se dérouler en Floride grâce au plus important contrat jamais vu pour un rookie.


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C’est officiel ; Shaquille O’Neal est (un) Magic.



Rise Up

Rookie et déjà franchise player, le rôle de Shaquille est déterminant pour l’avenir de l’équipe : pas facile d’assurer un tel poids sur ses certes larges épaules, Shaq n’a que 20 ans et quelques années auparavant seulement, on le qualifiait de maladroit et inconstant sur les parquets de basket-ball.
Et pourtant… rapidement, Shaquille s’impose à Orlando. Il devient le meilleur marqueur et rebondeur de l’équipe. Les spécialistes de la ligue, qui s’attendaient à une bonne saison du first pick, ne pensaient tout de même pas voir le numéro 32 dominer à ce point in the paint.
La bonne surprise, c’est que le reste de l’effectif semble plutôt suivre le rythme du géant : Nick Anderson, Dennis Scott et Skott Skiles forment avec lui un quatuor qui commence sérieusement à être redouté lors de l’exercice 1992-93.
A la mi-saison, sans aucune surprise, Shaquille O’Neal joue son premier All Star Game ; le premier d’une très longue série … aux côtés de Jordan, Pippen, Ewing et Isiah Thomas, O’Neal a l’honneur de débuter le match des étoiles. Pas de plus belle récompense pour le Magic qui scorera pour l’anecdote 14 points. Quand on y pense, quelle progression et quel parcours depuis Cole High School… c’est franchement difficilement croyable. En 5 petites années, Lil Warrior va passer du stade du joueur à peine connu uniquement pour son physique peu commun, se battant pour se faire sa place en High School, à une étoile parmi les autres, qui réussira à emmener une jeune équipe NBA à sa première saison de l’histoire avec un bilan non négatif. 41 victoires pour autant de défaites à l’issue de l’année rookie de Shaq : l’effet-O’Neal a frappé.
Et pourtant, Orlando n’ira pas en playoffs, la faute à Indiana qui aura exactement le même bilan que la franchise floridienne : de quoi laisser un goût amer à une saison pourtant encore inespérée quelques mois auparavant.

Du haut de ses 23,4 points, 13,9 rebonds, 3,5 contres par match pour un pourcentage de 59%, faut-il vraiment préciser qu’O’Neal est élu plus que logiquement Rookie of the Year. Des stats encore plus exceptionnelles si on y regarde de plus près, puisque jamais durant le reste de son extraordinaire carrière, Shaq n’atteindra de tels chiffres dans la catégorie rebonds et blocks. Si on veut ne serait-ce qu’à peine relativiser ses performances, on pourra noter ainsi ses 4 pertes de balles par match qui font malgré tout un peu tache.
Cela n’enlève rien au talent et au charisme du joueur, ce qui lui vaudra ses premiers surnoms, peut-être les plus beaux : The Big Aristote ou the 8th Wonder, des surnoms auto-attribués qui font encore un peu plus la gloire de Shaq.
C’est fait : Shaquille O’Neal a déjà laissé son empreinte dans la grande ligue, du haut de ses 20 ans et d’une saison rookie titanesque.


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Les bras au ciel, le ROY 1993 légitime sa première place de la draft.



(You know) Shaq got Skillz

Fin de sa saison rookie, Shaq est pour le moins survolté. Et voilà que le phénomène, grand fan de musique, décide de s’y mettre aussi. Shaq rentre ainsi dans la grande industrie du rap, en pleine expansion en 1993. Un premier single, « You Know I got Skillz », suivi d’un premier album, dont le nom suffit à faire sa renommée : « Shaq Diesel », où il réussira à s’entourer de Redman, Erick Sermon et Mobb Deep. Un succès commercial, peut-être, mais contrairement aux apparences, on est loin d’un chef d’œuvre.
Au contraire. Ses lyrics, à l’image du personnage, ne font pas vraiment dans la dentelle, et se suffisent à eux-mêmes pour montrer le niveau des tracks : « I’m the master of disaster. Brother, ain't no other in the nation. I'm born from my mother but I'm God's creation. I'm outstanding». (Rapide traduction, cela vous donne : « Je suis le maître du désastre. Frère, aucun égal dans le pays. Je suis né de ma mère, mais je suis une création de Dieu. Je suis extraordinaire »). Ok Shaq on veut bien. Mais quand dans la chanson « shoot, pass, slam », il nous scande « yes I can shoot », là ça dépasse les bornes.
Ironie à part, les disques de Shaq ne volent pas franchement haut, que ça soit au niveau au niveau du flow, des lyrics, de l’originalité des musiques, franchement ce n’est pas ça. Les frangins Diarra ont bien su séparer sport et musique : Mamoutou au basket, et son frère, aka Oxmo Puccino, au rap… Shaq avait lui besoin d’être le meilleur, et ce dans tout les domaines.
Shaq se fout bien des critiques, il vend des disques (et beaucoup) et fait parler de lui. Un an plus tard il sort un deuxième disque, intitulé « Shaq-Fu, Da return ». Et deux ans plus tard … un best of. Comme si cela ne suffisait pas !
Les titres de ses albums suivants seront plus qu’éloquents : « You can’t stop the Reign » en 1996 ou encore « Respect » en 1998. Toujours aussi modeste et peu douteux de son talent, l’intéressé commente : « Certains sont bons en sport, d’autres en musique. Moi j’ai réussi à conquérir les 2 mondes. »


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A new era in Florida

1993 à Orlando, c’est la sélection d’un nouveau coach, Brian Hill, à la tête de l’équipe, mais aussi et surtout l’arrivée inattendue d’Anfernee “Penny” Hardaway, 3ème choix des Warriors lors de la draft de la même année (et échangé immédiatement à Orlando contre le first pick, Chris Webber). Et avec le duo Hardaway-O’Neal, le Magic peut à présent s’attaquer aux sommets de la conférence Est.
Inutile de préciser que Shaq se réjouit de l’arrivée d’un soutien digne de ce nom. Un meneur/arrière ultra-polyvalent (plus de 5 rebonds de moyenne à Orlando) qui n’en oublie pas moins son rôle de scoreur, c’est un régal pour le pivot sophomore, qui va exploser son compteur points dans une ligue à laquelle il s’est adaptée et dans une équipe à présent complète, prometteuse et expérimentée à la fois. Attention tout de même à ne pas restreindre l’équipe au seul duo des vingtenaires : Anderson, Scott et Skiles, fidèles au club, restent entre autres des apports extraordinaires en scorant tous trois 10 points ou plus de moyenne.
Pour en revenir plus spécifiquement sur Shaquille O’Neal, ce dernier, après avoir empoché une fortune pour sa première année pro et remboursé de multiples dettes pour ses parents (et en passant leur avoir acheté à chacun une Mercedes… y compris pour son « vrai père », Joe Toney, qu’il n’a jamais réellement connu) met plus que jamais en valeur sa rare combinaison de taille, poids, puissance, rapidité qui font de lui ce joueur si atypique et charismatique.
Résultat du Magic new generation, Shaq n’en est que plus fort, et voit sa moyenne de points passer augmenter de 6 points ( !) pour passer à 29,3 points sur l’exercice 1993-94. Sa moyenne de rebonds dépasse toujours les 13 unités par match : vous avez dit potentiel hors-norme ? Retenons par exemple son match inhumain du 20 novembre 1993 : ce soir-là, O’Neal évolue dans une autre dimension, compilant la bagatelle de 24 points, 28 rebonds et 15 contres. Digne de ses grandes années à LSU, sauf que cette fois-ci la performance est exécutée dans une ligue d’un tout autre niveau.
Une période également marquée par des performances, disons peu communes made in Shaq. Trois fois en 2 saisons (à deux reprises en match pour une fois à l’entrainement), le Maestro va martyriser l’anneau un peu plus que d’habitude ; la preuve en images :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=XC45We4R_Uk[/youtube]
Encore des faits qui caractérisent O’Neal.
Attend, O’Neal, ça me dit quelque chose… ah ouais, c’est celui qui a cassé des panneaux pendant les matchs non ? Ouais voilà …



Au niveau sportif, la qualification d’Orlando pour les Playoffs au terme de la saison est plus que logique. Pour la première fois de son histoire, le Magic va connaître les joies des phases finales, grâce à un collectif basé sur le duo O’Neal/Hardaway qui a permis à l’équipe d’engranger 50 victoires pour 32 défaites. Mais malheureusement, l’enthousiasme sera bref puisqu’Orlando est sweepé 3-0 face aux Pacers de Reggie Miller.


The Floridian Apogee

Une élimination express qui permettra au Shaq de préparer de manière optimale les Championnats du monde de 1994, puisque le pivot est sans surprise sélectionné dans l’équipe nationale. Toujours aussi peu surprenant, les Etats-Unis sortiront vainqueurs en s’imposant en finale face aux Russes (pour une victoire de tout de même 46 points…). Par contre, un peu plus surprenant, le meilleur joueur du tournoi n’est ni Shawn Kemp, ni Reggie Miller, Zo Mourning ou Dominique Wilkins. Le sophomore d’Orlando va les surpasser et être nommé à 22 ans le meilleur joueur des Championnats du monde. Rien que ça.
Fort de son expérience internationale, Shaq reviendra plus fort que jamais, avec une équipe qui semble à présent parfaite pour démarrer la nouvelle saison NBA. Avec la même moyenne de points au dixième près, Shaq va réaliser une saison tout aussi exceptionnelle que la précédente, devenant le meilleur marqueur de la NBA (29,3 ppg) et le joueur relativement le plus adroit de la ligue (58,3%). Plus que jamais épaulé par Hardaway (qui a dépassé les 20 points de moyenne), the 8th Wonder emmène Orlando à un bilan toujours plus fort : 57-25, vainqueurs de la division Atlantique.
Et cette fois-ci plus que jamais, les fans ont de quoi espérer : si le premier tour face à Boston est une formalité, le deuxième est un exploit puisque le Magic sort de la compétition les Bulls d’un certain Jordan. En finale à l’Est, la revanche de l’année précédente : face à Indiana, lors d’une série épique, les Pacers se font sortir en 7 matchs. Shaquille O’Neal va participer à sa première finale NBA au terme de playoffs gérés de main de maître puisqu’il combinera 26 points et 12 rebonds.
Mais les Rockets d’Olajuwon seront trop forts face aux inexpérimentés floridiens. Survolté, Orlando accueille le premier match de ces finales ; match qui restera dans les annales, autant pour les 4 lancers manqués du malheureux Nick Anderson (pour lequel, et c’est bien dommage tout le monde retiendra davantage cet incident que sa très bonne carrière NBA) que pour ces paniers de Kenny Smith et le shoot du pivot nigérian lors duquel O’Neal ne pourra empêcher Houston de prendre l’avantage. Avantage jamais rattrapé, puisqu’avec ce coup sur la tête, le Magic ne gagnera pas un seul match de ses premières finales, bien plus serrées qu’il n’y parait.

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Si les deux personnages se respectent énormément, l’image reste trompeuse.
Seul Olajuwon soulèvera le trophée en 1995.



Blessé la saison suivante, O’Neal manquera une trentaine de matchs et ne pourra réitérer l’exploit de la saison passée, surpassés en finale de conférence par des Bulls revanchards. Les statistiques d’O’Neal n’en reste pas moins toujours aussi impressionnantes. Ce n’est plus un ‘‘simple’’ joueur extraordinairement prometteur, c’est maintenant le joueur du présent, celui qui s’est rapidement imposé et qui est prêt à continuer à dominer les raquettes la décennie à venir.


Or, deux évènements viennent frapper le microcosme NBA à l’été 1996 :
On fête le cinquantenaire de la plus grande ligue de basket du monde : pour cet évènement, on élit les meilleurs joueurs qui ont défilé ce dernier demi-siècle sur les parquets. Chamberlain, Abdul-Jabbar, Magic, Bird, pour ne citer qu’eux : présent depuis 4 petites années en NBA, Shaquille O’Neal est des leurs.
Ce qui nous amène au second évènement : O’Neal est free agent. Nul doute que si Orlando veut conserver son bijou, il lui faudra ouvrir son portefeuille. Mais une équipe, là-bas, à l’autre bout des Etats-Unis, sont plus motivés que n’importe quelle autre équipe pour acquérir le pivot des 10 prochaines années : les Lakers de Los Angeles. Le 18 juillet, l’offre à 120 millions de dollars de l’équipe californienne achève tous les espoirs d’Orlando : Shaq signe pour 7 ans dans la cité des anges lors du free agent move le plus cher de l’histoire de la NBA. A l’image du joueur concerné. Rien dans la demi-mesure.
Après avoir charmé le public d’Orlando, le voilà prêt à conquérir le reste des Etats-Unis.

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Part 3 : The World is Mine


1996. Les 4 ans stipulés par le contrat signé par O’Neal se sont achevées sur une élimination en finale de conférence face aux Bulls. L’année précédente, son équipe avait atteint les finales. Autant dire qu’Orlando est une des équipes du moment : Shaq en est le principal instigateur. La raison pour laquelle le Magic a, en 6 ans, réussi à atteindre un tel niveau, c’est le Shaq.
Autant vous dire que les fans aussi bien que le staff n’ont aucune envie de lâcher le phénomène, O’Neal lui-même affirmant sa ferme intention de rester en Floride.

Mais voilà, comme déjà précisé, Shaq est free agent. Ce dernier affirme clairement qu’il veut re-signer à Orlando, le Magic a une marge salariale plus que correcte pour proposer un nouveau contrat au Shaq, bref, tout semble bien parti pour qu’on continue à voir évoluer le numéro 32 dans les raquettes du Magic. Dans la tête des fans, le départ du joueur dominant de la NBA semble inconcevable.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=eaeTZC_-KTI[/youtube]
Shaq qui se remémore ses meilleurs moments à Orlando... comment et pourquoi a t-il quitté cette franchise, qui semblait prêt à s'envoler vers les sommets de la NBA?

Get it, Pay it

Jerry West est l’homme qui réussira à faire venir dans son équipe le pivot le plus prometteur de la NBA.
L’ancien joueur est alors General Manager des Lakers de Los Angeles, une équipe en pleine phase de reconstruction après le départ de Magic Johnson. Si l’équipe veut rapidement connaitre les années en or de la décennie 1980, il faut prendre des décisions radicales, voir risquées. Ce que n’hésitera pas, et c’est peu de le dire, à faire Jerry West.
Le premier coup de théâtre, et il faut passer par là pour comprendre la suite des opérations, a lieu le soir même de la draft : le 26 juin 1996 (jour historique au vu des joueurs qui arrivent alors en NBA ; citons entre autres Allen Iverson, Ray Allen ou encore Steve Nash), nous découvrons également, à la 13ème place seulement, un certain Kobe Bryant. Le jeune prodige tout juste sorti du lycée est sélectionné par les Hornets de Charlotte … et apprend quelques instants après avoir serré la main de Stern qu’il passera finalement sa première saison à Los Angeles : Jerry West vient, dans une décision pouvant paraître assez incompréhensible, d’acquérir Bryant en envoyant son pivot titulaire, le serbe Vlade Divac, en direction de Charlotte.
West avait maintes fois affirmé son désir d’acquérir Kobe ; mais un tel risque reste une énorme surprise. Car si le club de Californie libère de la masse salariale, il perd également l’une de ses pièces maitresses de l’équipe en la personne de Vlade Divac … et surtout, voit partir son tout dernier pivot. Relativisons donc les paroles de notre cher George Eddy, qui considère ce trade comme « l’affaire du siècle en NBA » : oui aujourd’hui on peut facilement l’affirmer, mais à l’époque rien ne disait que le trade allait virer en faveur des Lakers, loin de là.
Los Angeles n’a plus aucun pivot, du moins aucun digne de ce nom capable de débuter sur le parquet. L’objectif est clair : West veut O’Neal, et ce à n’importe quel prix. La première offre semble proposée est loin d’être banale, mais rien ne semble pouvoir bouger le colosse de Floride et elle est refusée.
Mais West persiste, le risque de lâcher Divac était trop grand pour laisser tomber si près du but.
Plus borné que jamais, il va tout simplement brader Anthony Peller et George Lynch, envoyés aux Grizzlies de Vancouver contre des seconds tours de draft, histoire de libérer encore un peu plus de masse salariale. West savait pertinemment que l’offre du Magic s’élèverait autour des 110 millions ; lui en offrira 120.

Shaq va suivre cette affaire depuis Atlanta, où se déroulent les Jeux Olympiques. Un tournoi où la forte concurrence au poste de pivot (Robinson et Olajuwon) l’empêchera d’avoir un bon temps de jeu et de continuer à faire ses preuves au sein de l’équipe nationale.

Jerry West continue de mettre toutes les chances de son côté : il se déplacera en personne pour chercher (et obtenir) la réponse de Shaq. Cette dernière est positive : coup de tonnerre en NBA, O’Neal débutera la saison 1996-97 avec les Lakers de Los Angeles et le Magic perd le pivot le plus dominant de la ligue.
On peut aujourd’hui l’affirmer : toutes les opérations qu’a effectué West durant cet été 96 auront été concluantes, et même bien plus que ça. Un coup de maître.

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Autour de Mikan et Abdul-Jabbar, Shaq est prêt à rentrer dans l'histoire de la franchise

Hard to impose

Chez les Los Angelinos, cette arrivée constitue une vague d’espoir sans précédent. Si Kobe fait parler de lui en raison de son incroyable potentiel, ce n’est pas lui qu’on considère comme le sauveur des Lakers (sa saison rookie à 7,6 points de moyenne avec et seulement 6 matchs dans le cinq majeur viendront d’ailleurs le confirmer) … au contraire d’O’Neal. Le messie, c’est lui : à Los Angeles, les fans vont immédiatement l’adopter, et l’ensemble de la NBA est excitée de voir jouer le prodige dans cette mythique équipe.
Mais tout n'est pas rose dans la cité des anges et dans son équipe de basket.
L’équipe est clairement en cours de reconstruction, se fondant sur des joueurs tels qu’Eddie Jones, Nick Van Exel ou Cedric Ceballos. Inutile de préciser que Shaquille O’Neal devra immédiatement s’imposer en tant que leader, que ça soit sur les parquets ou hors des terrains NBA.
Les conflits internes sont, au détriment de la cohésion collective, déjà présents, la preuve avec cette prise de tête entre le meneur Nick Van Exel et le coach de l’époque, Del Harris, lors d’un entrainement… les 2 hommes, qui en vont jusqu’aux mains, seront séparés par Shaq qui assume pleinement son rôle de leader, ainsi que son garde du corps. Jones n’est pas en reste, constamment en désaccord avec le prédécesseur de Phil Jackson.

Inutile de préciser que cette première saison sera celle du tâtonnement, de recherche d’un certain équilibre dans la franchise pourpre et or. Shaquille, quant à lui, se contente de faire son boulot. Et il le fait bien. Au final d’une première saison à LA gâchée par une blessure au genou gauche qui lui fera manquer une trentaine de matchs, le bougre réussira, et ce malgré l’incroyable concurrence à son poste dans le reste de la ligue, à être le seul joueur à plus de 25 points et 10 rebonds par match. Et cela de loin ; la première saison californienne est donc une réussite au niveau individuel, avec 26,2 points, 12,5 rebonds et 2,9 contres par match.
Sur le plan collectif, le manque d’expérience sera fatal. Certes la saison régulière est un total succès, avec 56 victoires. Le premier tour face aux Blazers se passe sans (ou avec très peu) d’embûches : ces derniers sont sortis en 4 match. Le second, au contraire, se présente plus ardu face aux Jazz d’Utah. Shaq a beau se démener en scorant près de 27 points et gobant toujours largement plus de 10 ballons par match, et ce même en play-offs, c’est le phénomène Kobe qui, lors de cette série tristement célèbre, va vouloir faire ses preuves. Immaturité, folie ou culot, prenez cela comme vous voudrez, son choix de faire la différence seul à un moment crucial de la série se solde par 3 airs-balls consécutifs.
Eliminé en 5 matchs, Shaq sait que son équipe peut largement faire mieux. Lui qui a goûté aux joies des finales avec un effectif moins fourni et face à des adversaires plus dangereux, la déception est donc grande en cet été 1997.

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Shaq se plait à L.A. Mais les exploits sportifs sont pour l'instant aux abonnés absents. Plus pour longtemps...

La saison suivante se doit d’être meilleure : c’est bien connu, Shaq ne peut pas rester sur un échec, alors quoi de mieux pour lui qu’un season opener face à Utah. Histoire de se venger. Inutile de vous dire que ce match est surmédiatisé… et surtout basé autour d’articles dans de multiples journaux sportifs affirmant que Greg Ostertag aurait tenu Shaquille O’Neal durant toute la série quelques mois auparavant. Vous avez déjà vu un Shaq se laisser marcher sur les pieds sans aucune réaction ? Le phénomène n’a pas l’intention de se faire rabaisser de la sorte sans rien faire. Alors que l’équipe des Lakers quittait le parquet à la fin du shootaround, voilà qu’ils croisent dans les couloirs du Staples Center l’équipe du Jazz se rendant à son tour à l’échauffement. Un échange de parole, disons tendu entre quelques joueurs, survient alors, notamment entre Ostertag et O’Neal. Résultat : quelques secondes plus tard, les 2 hommes en viennent aux mains et Ostertag se retrouve au sol, alors que les autres joueurs avaient quitté le couloir : impossible de dire donc, comment cet incident a été provoqué … si ce n’est une grande frustration du Laker. Une altercation qui fera grand bruit en ce début de saison, Jerry Sloan n’hésitant pas à affirmer « j’ai toujours été dans cette ligue, mais quelque chose de la sorte je n’avais jamais vu ». Tandis qu’O’Neal, qui écopera d’une simple amende, se taira sur l’affaire, ne parlant qu’en privé avec Jerry West, Ostertag s’est tout simplement dit « choqué ». De toute façon blessé, Shaq ne jouera pas ce match gagné par les Lakers face au Jazz amputé de Stockton.

Au final, une saison à l’image de ce season opener : bizarre. Une saison régulière de folie, emmenée par un Shaq survolté. Des statistiques semblables aux autres années (augmentant en plus de 2 unités son nombre de points par match en moyenne) ; ses season high sont juste impressionnants, avec 50 points face aux Nets, 22 rebonds face aux Suns, 7 contres face au Magic… Meilleur marqueur, meilleur contreur, meilleure adresse à LA, Shaq domine les débats aux Lakers, et avec l’arrivée de Kobe à un niveau qui commence à être représentatif de son potentiel (double ses statistiques de la saison précédente), le 61-21 à la fin de la saison régulière n’est que logique au vu notamment de la saison du numéro 34 de Californie. On est alors en droit de croire à l’année du renouveau, l’année de la renaissance pour LA : en plus de ça, les playoffs commencent plutôt bien puisque les Blazers et les Supersonics seront soufflés lors du passage de l’ouragan O’Neal, à plus de 30 points de moyenne lors des phases finales.

Et, en finale de conférence Est, voilà qu’O’Neal recroise Ostertag est ses copains du Jazz. 4 matchs plus tard, le Jazz s’envolait en finale NBA : les Lakers se sont fait sweepés, l’élève prometteur O’Neal se prenant une leçon du prof Malone. Mais mettre sur le dos du pivot serait de très mauvaise foi, car au contraire, c’est bien lui qui a tout d’abord emmené les Lakers à ce niveau là, mais qui a aussi tout fait pour éviter l’humiliation lors de ces finales de conférence. D’où les dures paroles du Shaq à la fin du Game 4, qui n’hésite pas à vivement critiquer ses coéquipiers : « S’ils ne veulent pas jouer, qu’ils demandent un trade ».
Autant dire que si la saison suivante n’est pas satisfaisante en Californie, O’Neal risque de ne plus faire de concession, et n’hésitera pas à chercher des titres dans une autre équipe.

The Rivalry (to be continued…)

Le problème, c’est que cette saison 1998-99 commence mal. Tout d’abord dans un contexte inédit puisqu’il s’agit du lockout et la saison écourtée à 50 matchs. Jusque là, rien qui ne semble désavantager O’Neal et ses coéquipiers plus que les autres. Oui mais voilà, il s’agit aussi du début du fameux conflit Kobe/Shaq. Le début de saison est bien plus tardif qu’habituellement, et le staff a le temps de préparer la nouvelle saison. Comme toujours, c’est autour de Shaquille O’Neal que l’équipe va se développer : or, il y a ce jeune joueur de 20 ans qui n’a pas le avis sur la façon dont le coach gère l'équipe. Les médias vanter ce numéro 8 si prometteur, lui se sait déjà très talentueux et charismatique, et le jeune Kobe Bryant va ainsi vouloir se faire une place, une vraie, dans l’effectif de Los Angeles.

Autant vous dire qu’O’Neal accepte difficilement cela : lors d’un entrainement de début de saison, il n’hésite pas à lui dire de façon plus que virulente. Cette saison écourtée s’achève par un total honnête mais loin d’être exceptionnel (31-19) et les statistiques de Shaquille O’Neal stagnent, voire diminuent (mais peu significatif, étant donné l’explosion de Bryant). Ce dernier, justement, ne fait rien pour améliorer ses relations avec O’Neal : le passage-éclair (et peu utile) de Dennis Rodman dans la cité des anges n’y fait rien, même entouré des plus expérimentés, le gamin n’en fait qu’à sa tête, jouant son jeu, à sa manière, comme il le veut. Del Harris semble peu enclin à vouloir modifier la situation, et Shaquille O’Neal le fait savoir par des interviews cinglantes.
L’arrivée des playoffs n’y change rien : après avoir balayé les Rockets au premier tour, O’Neal et sa team (ou bien doit-on maintenant dire O’Neal, Kobe et les autres) se font sortir en 4 matchs contre les Spurs, malgré un Shaq à nouveau au dessus des 26 points et 11 rebonds de moyenne. Un Shaq plus frustré que jamais, tout près d’agresser l’arbitre Steve Javie.
Un air de déjà-vu, dites-vous ?

C’en est trop pour Shaq : la fin de saison 1999 est une des plus difficiles à vivre pour le pivot de 27 ans qui a goûté aux joies des exploits en playoffs et même des finales NBA avec Orlando. En arrivant à L.A., il était censé passer un palier supérieur : au contraire, le voilà qu’il ne cesse de dégringoler les marches du succès.
Les fans craignent de plus en plus un départ du joueur, qui ira d’ailleurs passer une bonne partie de l’été dans sa villa … à Orlando. A son retour, plus que jamais Shaq va montrer à l’ensemble de la NBA à quelle point il est certes le joueur dominant de l’équipe mais aussi le seul capable de la relancer vers les sommets. Il va ainsi exiger, ni plus ni moins, que Phil Jackson, le mythique coach des Bulls absent des parquets depuis un an après 10 années de folie à la tête de Jordan & cie, débarque à L.A. pour venir remplacer Del Harris.

Eté 1999, Phil Jackson affirme « si il y a un joueur qui conviendrait parfaitement à l’attaque en triangle, c’est Shaquille O’Neal ».
Shaq le voulait, Shaq l’aura : Phil Jackson devient coach des Los Angeles Lakers.

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Son souhait d'être coaché par Jackson est exaucé. Plus que jamais, les médias américains comptent sur le charismatique pivot pour relancer la mythique franchise.

Call him Master Zen

Déjà dans l’histoire de la NBA l’arrivée d’un homme dans une équipe a, en très peu de temps, modifié l’histoire de la franchise. Mais ce fut rarement un coach. Jackson réussit cet exploit lors de la saison 1999-2000.
De loin, Shaquille O’Neal est celui qui en a le plus bénéficié : après l’une des saisons les plus décevantes de sa jeune carrière, la suivante sera celle de tous les exploits. Sûrement l’une, si ce n’est la meilleure saison de la carrière du Shaq, que ça soit sur un plan individuel ou collectif.

Quelques chiffres, histoire de se rendre compte de l’ampleur des dégâts de la catastrophe basketballistique nommée O’Neal : season high (et par la même carrer high) de 61 points face aux Clippers, de 24 rebonds face à Detroit, de 9 passes et 8 contres lors d’un même match… pour au final une moyenne totale tout aussi titanesque : 29,7 points, 13,6 rebonds, 3 contres de moyenne pour un pourcentage de 57,4%. Huge.

En nommant Phil Jackson, Jerry West est certain d’avoir trouvé le chainon manquant. Les Lakers sont de loin la meilleure équipe de la NBA avec un bilan de 67-15, et rien ne semble pouvoir arrêter le duo Shaq-Kobe, secondé par un Glen Rice qui tourne à 16 points et complété par l’un des plus grands coachs de l’histoire. Mais attention à ne pas partir trop sûr de soi : depuis que Shaq est à LA, son équipe était toujours parmi les meilleures en saison régulière, ce qui ne l’a pas empêché de sortir la tête basse avant les Finals. Il va encore falloir hausser le niveau de jeu en Playoffs pour aller jusqu’au bout, et ça O’Neal l’a compris. D’où des phases finales monstrueuses du pivot des Lakers, qui combine plus de 30 points et 15 rebonds par match.

Cela n’empêchera pas les Lakers de se faire peur : le premier tour est difficilement passé face à des Kings courageux. Les Suns ne posent aucun problème au duo Shaq-Kobe qui combinent plus de 50 points et 20 rebonds de moyenne à eux 2 en playoffs. Face aux Blazes, la série semble partir sur les chapeaux de roue : Shaq s’amuse dans la raquette de Portland et enflamme le Staples Center. Les finales pleins la têtes, les Lakers vont se relacher alors qu’ils mènent 3-1… et ce qui devait arriver arriva, les Blazers réussirent à arracher un 7ème match au Staples. Dans le 4ème quart temps, Portland est devant de 15 points. Pour permettre à O’Neal et ses coéquipiers de réaliser l’un des plus grands comeback de l’histoire des playoffs.
Les Lakers s’imposent finalement dans une salle chaud bouillante, prête à accueillir Reggie Miller et ses coéquipiers des Pacers pour la deuxième finale NBA du Shaq.

And 1, and 2, and Three-Peat

Débutant ces finales à la maison, O’Neal et les siens vont immédiatement mettre la pression et mener 2-0. La première défaite à Indiana ne les empêche de s’imposer après prolongation au match 4. Après s’être fait peur lors d’une défaite de plus de 30 points au match 5, le rêve du Little Warrior se réalise le 19 juin 2000. Grâce à un Horry déchainé dans ce dernier match très tendu, Shaq peut enfin goûter aux joies du titre NBA. Levant les bras, les larmes aux yeux après que le buzzer ait retentit, Kobe Bryant est le premier à se jeter dans ses bras.
Sans faire de concession, il scande devant les caméras du monde entier « We win the Championnship this year. We will bring another one in Los Angeles next year… Hear me, can you dig it? »

L’année 2000 vient de voir Shaquille O’Neal rafler le titre de MVP du All Star Game, MVP des finales et MVP de la saison régulière. Le manque de superlatif pour qualifier le joueur commence clairement à se faire ressentir …

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Il rêvait d’un titre, il le tient. Et compte bien ne pas le lâcher de sitôt.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, on est loin d’être aux anges à L.A. : la prise de tête Shaq-Kobe commence à prendre une certaine ampleur qui inquiète le club et les fans. Jackson est clairement du côté du Shaq, sur lequel il base tout son jeu offensif, ce qui ne calme pas les ardeurs de Bryant : il va se mettre à jouer de façon encore plus égoïste la saison suivante, son pourcentage tombe à 30% derrière l’arc mais épaule Shaq comme jamais. 57,2 points de moyenne à eux deux.

Cela n’empêche pas le Shaq de vivement critiquer son coéquipier, et ce ouvertement. Il évoque même un retour à Orlando avec le prodige Tracy MacGrady. « Au moins il est altruiste, lui »… Car il faut bien dire que la saison régulière est en dessous des attentes, en gagnant 11 matchs de moins que la saison précédente.
Et pourtant, les Playoffs 2001 seront sûrement les plus exceptionnels de l’histoire des Lakers : se réveillant soudainement et jouant à un niveau ahurissant, le duo Shaq/Kobe va tout dévaster sur son passage. Les Blazers sont sweepés, les Kings (que O’Neal se plait à surnommer les « queens ») ne réussiront pas à s’imposer un seul match en demi-finale de conférence ; plus extraordinaire encore, en finale à l’Ouest, les Spurs de San Antonio, premiers de saison régulière, se font éliminer de la même manière que leurs prédécesseurs. 4 matchs, merci, au revoir. Kobe et Shaq sont phénoménaux.

Le duel face aux surprenants Sixers du MVP Allen Iverson commencera pourtant face à une victoire de Philly. Histoire de vexer O’Neal et ses coéquipiers, qui s’imposeront les 4 rencontres suivantes.

A peine la finale terminée, le MVP des finales pour la seconde année consécutive efface le conflit qui a perduré toute une saison en quelques mots : « Kobe … ce mec, je l’adore. Cherchez pas, le meilleur joueur du monde, c’est lui ».

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Love me, Hate me …

Faut-il continuer à résumer la saison suivante ? C’est à quelques détails près la même que la précédente. Mêmes stats individuelles, mêmes bilan à la fin de saison … Du moins, visiblement.

Car ces "détails" ne sont pas sans conséquences. Le mastodonte O’Neal, toujours adulé, commence à essuyer quelques critiques, notamment pour son poids : on lui reproche un laisser-aller qui semble avoir un impact néfaste sur son jeu. Pas trop de soucis pendant la saison régulière, si ce n’est une nouvelle blessure à l’orteil qui le gênera une quinzaine de matchs. Et puis les relations entre le coach et O’Neal commencent à se détériorer : Shaq prend 3 jours de repos sans prévenir le coach qui va clairement faire comprendre à son joueur qu'il n'a pas apprécié.

Le début des Playoffs se passe bien, le premier tour ne posant aucun problème. Le deuxième face aux Spurs non plus en apparence (4-1), si ce n’est une énorme engueulade entre le pivot et son coach lors du match 3, qui reproche au Shaq de se faire complètement dominer par Malik Rose.
L’ambiance au sein du club semble tout doucement se détériorer, et se traduit par des finales de conférence difficiles pour les Lakers. Mais tellement belles… En énorme difficulté face à Vlade « flopping man » Divac, O’Neal a de gros problèmes de fautes. Mais il réussira a régler la mire et à s’adapter pour dominer in the paint, et ce légalement. Ajoutez à cela le mythique shoot de Horry lors du game 4 ici et l’exceptionnel game 7 dans un Staples center en fusion qui permettent ainsi à L.A. d’atteindre les finales NBA pour la 3ème année consécutive.
Les Nets de Kidd n’y feront rien, les pourpre et ors sont tout simplement trop fort et sweepent New Jersey. Le Three-Peat est réalisé et l’équipe de Phil Jackson entre dans la légende, rejoignant les Celtics des 60’s et les Bulls des 90’s.
O’Neal, quant à lui, fait taire les critiques en étant nommé pour la troisième fois MVP des finales.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=bcC7bM4mlbk[/youtube]
The dynasty. Quelques mythiques images de 3 années fastes à L.A.

The Begin of the End ?

L’été suivant, Shaq se marie avec Shaunie, avec qui il aura 4 enfants. Malheureusement, ses problèmes au pied ne s’arrangeront pas, et Shaq manquera quelques matchs en début de saison. Kobe va réaliser une saison à 30 points de moyenne, mais les relations ne s'améliorent pas vraiment entre les 2 hommes. Plus qu’un problème dans le jeu entre les 2 stars, c’est de la jalousie qui s’installe.
Les résultats restent corrects mais en dessus de ce dont ils sont capables en situation optimale. Encore une bonne saison pour les 2 compères sur le plan individuel, mais quelque chose s’est cassé entre les 2. On sent que le quatrième titre va être complexe à chercher … bingo, en demi-finale de conférence, les Spurs qui se faisaient corriger les dernières années réussissent (enfin) à sortir leur bête noire.

Comme si cela ne suffisait pas, l’été 2004 est marqué par un scandale : Kobe est accusé de viol.
La réaction de Shaq est (de façon assez malsaine d’ailleurs) extrêmement attendue par tous les médias américains. Dans son style, O'Neal affirme lors du camp de pré-saison (sans Kobe, donc) : « Pas de problème, l’équipe est au complet ici ». A interpréter comme bon vous semble …
Il faut dire qu’il n’a pas tort : les Lakers, en acquérant les 2 futurs Hall Of Famers que sont Gary Payton et Karl Malone, ont réussi à se constituer une véritable Dream Team … vieillissante. Et manquant de cohésion. Et marquée par des conflits toujours plus virulents. Mais qui tiendra le coup, toujours sous les ordres d’un Shaq qui ne passe décidément en dessous de la barre des 21 points et 11 rebonds de moyenne.

Kobe va quant à lui revenir aux affaires sportives, ne cachant plus son envie de quitter les Lakers l’été 2004. Vexé, O’Neal va faire savoir son mécontentement : les règlements de compte par presse interposée ne seront jamais aussi importants que cette saison. Lorsque Shaq affirme que Kobe doit encore jouer plus collectif, Kobe rétorque « il ne va pas m’apprendre comment jouer à mon poste d’arrière : qu’il fasse déjà son boulot, je ferai le mien ». Shaq, à son habitude, aura le dernier mot : « Je ne peux peut être pas lui apprendre le boulot d’arrière, mais je peux lui expliquer ce qu’est le basket en équipe ». Des phrases qui font mal entre joueurs d’une même équipe, ce qui n’empêche pas les Lakers de ne vivre que 26 petites défaites en saison régulière, et d’enchainer avec des Playoffs difficiles - marqués par le shoot de Derek Fisher (à voir ici alors que les 2 équipes se neutralisent 2 victoires partout) - mais réussis qui les emmèneront une nouvelle fois en finale.

Alors que le monde de la NBA s’est habitué à voir l’équipe californienne atteindre le summum, les Pistons de Larry Brown sont quant à eux l’une des surprises de l’année. Et pourtant … le shoot exceptionnel de Kobe au match 2 ne change pas le résultat final : l’équipe de Detroit, collectif fondé sur une défense extraordinaire, est la team parfaite pour empêcher la brochette de stars de s’exprimer sur le terrain et de jouer à leur niveau. C’est l’implosion côté Lakers, ils s’effondrent et s’inclinent en 5 petits matchs.

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Le contraste avec la précédente couverture est saisissant. Et symbolique de la relative chute des Lakers.

On le sait, ce sera les dernières finales de Shaquille O’Neal à Los Angeles. Mais plutôt que de finir sur une note négative qui serait trompeuse au vu de la période extraordinaire qu’a pu connaitre le Shaq depuis 1996, contentons nous plutôt d’approuver Mike Fratello dans les commentaires de NBA Live 2004 : « Shaq is the most dominant center. Once he gets the ball in the low post, it’s over for the defender ».

Et si celle-ci ne vous a pas convaincu, vous ne pourrez pas contredire la légende Bill Russel, dans son ouvrage Russell Rules : 11 Lessons on Leadership from the Twentieth Century's Greatest Winner : « Un jour, je discutais avec Shaquille O’Neal, un homme pour qui j’ai beaucoup de respect en tant que joueur mais aussi en tant que personne. Je lui avais expliqué de ne pas s’en faire pour toutes les critiques qu’il subissait à propos de son horrible pourcentage au lancers-francs : je lui ai dit de ne pas écouter, de rester concentré et de continuer à bosser pour gagner des matchs, cet objectif doit rester son but ultime. Car Shaq est un joueur chez qui on ne peut pas reprocher son manque d’adresse aux lancers : dans la raquette, il n’a aucun égal. S’il veut marquer, personne ne peut l’arrêter. Il est bien meilleur que tout ce qu’on peut dire de lui. Les Lakers n’ont pas réalisé le Three Peat parce que Shaq était mauvais aux lancers. Ils l’ont réalisé parce que Shaq était là et qu’il a trouvé le moyen pour donner les outils nécessaire à ses coéquipiers pour qu’ensemble, ils forment la plus grande équipe de tout les temps ».


Part 4: And Legends never die …

Les deux dernières années à L.A. furent dures pour le Shaq: après le Three-Peat de 2000 à 2002, les échecs des playoffs suivants sont difficilement vécus par le pivot et l’ensemble de ses coéquipiers. S’en sont suivis les problèmes internes au club qui affaibliront encore un peu plus les Lakers… La situation est clairement défavorable au géant qui, à 32 ans, veut encore profiter un maximum de sa (déjà) relative fin de carrière NBA.
A l’été 2004, Jerry Buss, le proprio des Lakers préfère largement le fougueux Kobe Bryant qui possède encore une belle marge de progression au vieillissant Shaq qui s’entend de moins en moins avec son coéquipier-vedette. Raison pour laquelle Buss va tout simplement refuser de payer l’énorme extension de contrat du Shaq. Peu habitué à être traité de la sorte, O’Neal va passer des vacances mouvementées, affirmant maintes fois son désir de quitter les pourpres et or, sous prétexte que c’en est trop pour lui. Shaq fait publiquement connaitre son ras-le-bol, ce qui arrange bien les affaires de Buss.
Le staff de L.A. trouvera assez rapidement un arrangement : une rumeur concernant un trade à Miami ne cesse de gonfler, et s’avère plus que probable lorsque l’agent de Shaq affirme le 11 juillet 2004 « nous serions très heureux que Shaquille rejoigne le Heat ». Le large sourire affiché par O’Neal lorsqu’on le questionne sur le sujet en dit long. Il a déjà rencontré Pat Riley, et sait que son départ est imminent. Le 14 juillet, l’annonce est officielle :
The Big Aristote retourne en Floride pour rejoindre le Heat de Miami, une équipe reboostée par l’arrivée du bijou Dwyane Wade.
Les Lakers reçoivent quant à eux Lamar Odom, Caron Butler et Brian Grant, et se préparent à vivre une difficile saison.
Pour O’Neal, pas question de profiter du climat de la Porte des Amériques. Une nouvelle aventure débute pour le pivot, dont le transfert a fait couler beaucoup d’encre. Une nouvelle fois, il se devra de ne pas décevoir.


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Shaq débarque à Miami avec la ferme intention de montrer que le poids des années ne l’affecte pas.
Ce n’est pas la motivation qui manque



Back to Florida

L’objectif de Pat Riley (alors General Manager de Miami) est clair : relancer la jeune équipe du Heat en se fondant sur le duo Wade/O’Neal. Quand on voit les talents lâchés par Riley (Butler et Odom notamment), on est en mesure de se dire que le risque était de taille. Mais il n’empêche que Shaq vaut son pesant de points et de rebonds ; gêné par des blessures au pied et genou notamment, il réussissait encore à apporter plus de 21 points et 11 rebonds juste avant de quitter les Lakers. Il n’y a aucune raison que cela change.
Et si bien même risque il y avait, celui-ci s’est avéré payant.

L’acharnement médiatique sur O’Neal est sans précédent à Miami, et s’accentue encore lorsque le joueur répond à une journaliste lui posant une question à propos de Kobe : "Désolé, je ne le connais pas. Ce nom a été effacé de ma mémoire". Au moins, ça a le mérite d’être clair. Les journalistes continueront à se délecter de cette histoire qui met complètement de côté l’aspect sportif : cela a le don d’énerver le Shaq, qui veut prouver une bonne fois pour toute qu’il n’a pas besoin de Kobe pour faire de grandes choses sur le terrain et vice-versa.
Un pari ambitieux mais complexe dans une équipe en plein renouveau : avant l’arrivée de Wade, Miami sombrait dans les bas-fonds du classement, compilant à peine plus de 20 victoires lors de la saison régulière. Mais le 5ème choix de la draft 2003 va permettre à Lamar Odom et Eddie Jones notamment de se libérer, et l’équipe va même réussir à passer un tour de playoffs lors de la saison 2003-04.
Voilà le contexte sportif dans lequel débarque Shaq, qui semble plus que satisfait de son sort. Et ça se voit dans son jeu : épargné par des blessures (si ce n’est des problèmes physiques qui lui feront manquer à peine quelques matchs lors de sa première saison au Heat), Shaquille O’Neal joue, et ce à 32 ans, un basket digne de ses meilleures années à L.A.

Retrouvant ses jambes d’il y a quelques années et secondé par un Wade hallucinant de maturité sur le terrain, O’Neal réalise une superbe première saison au Heat. Les fans l’adorent, et il est impossible de se balader aux alentours de l’American Airlines sans trouver des fans portant son nouveau maillot, floqué du numéro 32 : c’est le sauveur d’une équipe qui semblait sur la mauvaise passe depuis 2001. On pourra aussi noter l’arrivée en milieu de saison de Zo Mourning, qui, malgré sa transplantation rénale, constituera le remplaçant de luxe du Shaq à qui tout semble sourire.
Grâce à ses 23 points, 10,4 rebonds et 2,3 contres par match pour une adresse phénoménale de 60,1%, Shaquille O’Neal redonne à Miami de sa splendeur. Et permet, accompagné d’un Flash à plus de 24 points de moyenne pour sa saison sophomore, de terminer avec le deuxième meilleur bilan de la ligue, derrière les Suns de Phoenix.
Si il y a une chose qu’O’Neal peut regretter, c’est les résultats pour le titre de MVP : jamais l’écart entre le MVP (Steve Nash, 1066 points) et celui qui le seconde (Shaquille O’Neal, 1032 points) n’aura été aussi faible : une courte déception pour le pivot, qui ne va pourtant pas s’apitoyer sur son sort.

Autant dire qu’avec un tel duo et un tel bilan de fin de saison régulière, rarement le Heat depuis sa création en 1988 n’aura été en aussi bonne posture avant de débuter les phases finales. Un rôle de favori qu’assume complètement Miami et leur coach Riley : après avoir sweepé New Jersey, c’est Washington qui se fait corrigé par un effectif du Heat en pleine bourre. En arrivant en finale de conférence sans avoir concédé un seul match, les finales NBA semblent largement à portée de Shaq & cie. Mais voilà, les Pistons de Detroit sont sur la route des rouges et blancs, et les deux équipes ne pourront se départager qu’au bout de 7 matchs extrêmement intenses : finalement, ce sont bien les champions en titre qui atteindront les finales (avant de s’incliner face aux Spurs, année impaire oblige).
Échouant aux portes de l’exploit, la première saison d’O’Neal n’en reste pas moins une énorme réussite. Dans le même temps, à L.A., les hommes de Kobe Bryant ont suivi les play-offs depuis leur canapé. Amputés de leur charismatique pivot, ils ont gagné à peine plus de 30 matchs et ne se sont pas qualifiés pour les phases finales. Une première depuis 11 ans.

Comme quoi, malgré son côté extraverti, Shaq n’a pas cédé à la « peopolisation » de son personnage pendant l’été, et a réussi à rester concentré sur l’aspect sportif. Au grand désarroi de Jerry Buss, et, surtout, pour le plus grand bonheur des fans floridiens.

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The Most Dominant Ever. Souvent imité, jamais égalé.


Mavs got Shaq’d

Dans la baie de Miami, les vacances du Shaq seront tranquilles. Sa cote de popularité est au plus haut, ses blessures semblent l’épargner et son équipe semble bien partie pour débuter une nouvelle grande saison. Les vacances du staff de Miami seront quant à elles un peu moins paisibles : au terme d’importantes discussions, le risque est pris de la part de Riley & consorts de chambouler son effectif. Cela ne concerne bien sûr ni Shaq ni Wade, mais des joueurs extrêmement utiles la saison passée feront les frais de ce remaniement tactique. Il est toutefois clair que Riley joue sur le court terme, en laissant s’en aller Eddie Jones et Rasual Butler, et en acquérant les vétérans Walker et Payton, ainsi que les utiles Jason Williams et James Posey. Un risque pour l’avenir (la moyenne d’âge monte en flèche) mais aussi financier, la masse salariale gonflant dangereusement. Le dernier changement, et pas des moindres, est à noter du côté du coach, Stan Van Gundy. Celui que Shaq n’hésitera pas à violemment dénigrer 3 ans plus tard quitte le poste d’entraineur mi-décembre 2005, pour « raisons personnelles ». Il se trouve remplacé par le mythique coach Pat Riley, alors General Manager du club : l’appel à un retour aux affaires est trop tentant et il cède, donnant raison aux rumeurs qui persistaient les derniers mois.

Ces opérations, donc les résultats sont assez imprévisibles, sont entachés lors du premier match du Heat de la saison : O’Neal se fait une entorse à la cheville droite. Le staff et les fans s’attendent au pire, O’Neal manquera finalement plus d’un mois de compétition. Son retour coïncide avec le début d’une période faste pour Miami : accompagné d’un Wade à plus de 27 points de moyenne, Shaq a un rôle certes amoindri mais continue de dépasser les 20 points – 9 rebonds de moyenne et conduit son équipe à un bilan, en 3 mois, de 30 victoires pour 10 courtes défaites. Si la fin de saison est un peu plus poussive (O’Neal est placé sur l’inactive list pour se reposer en vue des Play-offs), le bilan de 52-30 n’en est pas moins flatteur pour un Heat qui finit deuxième à l’Est.
Shaq va vivre un premier tour difficile : face à Chicago, où Miami a énormément de pression, les matchs à l’extérieur sont fatals au Heat puisqu’ils perdront les 2 matchs en Illinois. Au bout de 6 matchs, Miami va se qualifier au second tour où O’Neal monte en puissance face à New Jersey. 5 petits matchs au terme facile pour le Heat desquels la revanche des finales de conférence de l’an passé (face à Detroit) se prépare… sauf que l’issue est cette fois-ci différente. Des matchs tendus, très défensifs (aucune équipe ne mettra plus de 100 points durant les 6 matchs de la série) qui montreront l’étendue du potentiel de cette équipe de Miami qui s’impose 4 victoires à 2 face à des courageux Pistons.

Face à une surprenante équipe des Mavs, O’Neal s’apprête à vivre une nouvelle finale NBA. Un Shaq étonnamment concentré sur ses finales, assez discret voire muet en conférence de presse tout comme l’ensemble des joueurs et du staff du Heat. Très médiatisée, cette finale sera à la hauteur des attentes.
Avec un duo Nowitzki / Terry de feu, le Heat est l’ombre de lui-même dans les 2 premiers matchs au Texas, et les deux défaites sont cinglantes. Mais de retour en Floride, les joueurs de Miami, Shaq en tête, ont envie de montrer ce dont quoi ils sont réellement capables.
Et pourtant, ils se sont trouvés au bord du gouffre … 13 juin 2006, match 3 à l’American Airlines Arena. Il reste 6 minutes à jouer dans le 4ème quart temps et les Mavs, qui mènent déjà 2-0, ont treize points d’avance. Un come-back exceptionnel débute alors, porté par Dwyane Wade et O’Neal et conclu par Payton qui réussit un shoot longue distance à 9 secondes de la fin. Nowitzki manque d’égaliser à 3 secondes du terme en ne mettant qu’un seul de ses deux lancers, et le Heat peut vraiment débuter ses finales : Shaq, à 34 ans, a encore un extraordinaire impact dans le jeu de Miami. Mais si il y en a un qui va exploser, – et c’est peu de le dire – c’est Wade qui va permettre à O’Neal & cie de gagner les 3 matchs suivants en scorant 39 points de moyenne sur les 4 matchs gagnés par Miami.
C’est ainsi que le Shaq gagna son 4ème titre NBA. Défilant dans les rues de Miami pour fêter le titre suprême, Shaq est la vedette du jour et fait exulter les dizaines de milliers de fans dans les rues de la ville sous une chaleur torride. « Le plus beau jour de ma vie », confiera Shaq.

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« Je ne pensais pas pouvoir vivre d’aussi grands moments après tout ce que j’ai déjà connu durant ma carrière NBA »

La saison suivante, alors qu’on pourrait penser que le titre n’est que le début d’une nouvelle ère en Floride, ce sera au contraire une immense déception. Shaq vivra une saison extrêmement difficile, ses blessures l’empêchant de jouer plus de la moitié des matchs de la saison régulière. Affaibli, il réalisera le pire début de saison de sa carrière en ne scorant que 14 points par match. Notons tout de même que le 26 février 2007, à l’occasion d'un match contre les Knicks, O’Neal devient le quatorzième joueur de l'histoire de la NBA à dépasser la barre symbolique des 25 000 points inscrits en carrière.
Miami réalise une saison correcte, mais ne joue clairement plus au niveau d’il y a quelques mois : ils réaliseront même de nombreux matchs en saison régulière sans Shaq ni Wade, ce dernier étant aussi placé sur l’injury list une vingtaine de matchs. Au final, si la qualification en Play-offs est bien réelle, le sweep face à Chicago au premier tour l’est aussi, malgré 4 matchs encourageants de Miami. Mais les joueurs du Heat son méconnaissables et Miami n’ont rien à voir avec l’équipe qui a battu les Mavericks un an plus tôt.

Mais Shaq contine à travailler, persistant malgré ses 35 années. La pré-saison est encourageante pour lui : il apparait en forme et semble à nouveau heureux dans son équipe, avec pour objectif principal d’oublier la saison passée.
Objectif rapidement mis aux oubliettes … Le recrutement de Ricky Davis n’y fera rien et les statistiques du Shaq sont en chute libre : 14,2 points et 7,8 rebonds jusqu’à début février. Les résultats du Heat se passent quant à eux de commentaire : elle terminera pire équipe de la saison avec 15 petites victoires au total. Mais à la fin de la saison 2007-08, O’Neal n’est déjà plus en Floride. Une nouvelle aventure, une de plus, vient de débuter de l’autre côté des Etats-Unis, en Arizona.

Arizona Dream


Février 2008, Phoenix, AZ.
Dans une équipe des Suns qui continue à joue les premiers rôles depuis l’arrivée de Mike D’antoni, l’ambiance n’en est pas pour autant au beau fixe. La faute notamment à des relations internes qui tendent à s’effriter : l’un des principaux responsables semble, selon des sources proches du club, être Shawn Marion. Pourtant, le shoot le plus laid de la ligue est aussi et surtout un rebondeur hors pair et un joueur atypique s’inscrivant parfaitement dans le basket-champagne pratiqué par Phoenix.
Des rumeurs toutes plus incroyables les unes que les autres vont alors commencer à être évoquées : l’une des plus incroyables enverrait Marion à Miami … contre Shaquille O’Neal. Et pourtant, avec Steve Kerr, le General Manager des Suns, rien n’est impossible : en plein milieu d’un mois de février mouvementé en NBA (nombreux trades très importants, donc celui de Gasol à L.A.), Shawn Marion et Marcus Banks sont envoyés à Miami le 6 février, tandis qu’O’Neal débarque officiellement en Arizona.

Même si « The Matrix » ne se sentait plus à sa place à Phoenix, la décision de récupérer la certes légendaire mais vieillissante masse du Shaq est extrêmement surprenante.
Immédiatement les réactions fusent : Shaq est soudainement trop gros, trop vieux, pas assez rapide, trop souvent blessé, devrait plutôt prendre sa retraite, etc. Un contexte qui ne gênera pas pour autant O’Neal qui quitte Miami dans l’espoir de gagner un titre dans les 2 ou 3 prochaines années avec sa très talentueuse nouvelle équipe. Pendant que Kerr affirme, confiant avant même d’avoir vu son nouveau pivot à l’œuvre : « ce transfert est un incontestable succès », Shaq s’auto-attribue immédiatement un nouveau surnom, tout trouvé pour son arrivée en Arizona : The Big Cactus est prêt à attaquer une nouvelle aventure … peut-être l’une des dernières de sa grande carrière NBA.

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Entre Kerr et D’Antoni, Shaq a des raisons d’espérer finir son parcours NBA par une nouvelle suprême récompense.
Mais attention à ne pas déchanter trop vite. La chute n’en serait que plus dure.


Son coéquipier dans la peinture, Amar’e Stoudemire, semble pressé de jouer avec le triple MVP des finales, et a une grande confiance en son ainé : « Il est prêt à assumer son rôle. Il va s’investir à fond pour son nouveau club, avec au final le même objectif que de l’équipe : le titre. C’est peut-être le joueur qui nous manquait ». Beaucoup d’espoir, donc. Mais également un grand nombre de sceptiques, qui ne voient pas comment un Shaq affaibli physiquement pourra tenir le rythme du run & gun. De plus, lors de son arrivée en Arizona, les journalistes relanceront les ragots selon lesquels les relations entre O’Neal et Riley se sont très largement dégradées lors des dernières semaines du Shaq en Floride. Habitué à cette sur-médiatisation, l’intéressé n’hésite pas à alimenter les rumeurs avec cette modestie qu’on lui connait si bien : ainsi, juste après le All Star Weekend (auquel il ne participera pas, une première depuis 8 ans) lors duquel Howard gagnera le concours de dunk, O’Neal affirmera : « Tout le monde peut gagner un Slam Dunk Contest. Le vrai Superman est mort, c’est Riley qui l’a assassiné ». Histoire qui occupera une nouvelle fois les médias américains mais qui n’aura finalement pas un grand impact sur l’aspect sportif.

L’atmosphère est plus chaude que jamais à Phoenix : la ville se passionne pour l’arrivée du Big Aristote qui sort d’une saison difficile. Tout est mis en œuvre pour que les débuts et l’intégration d’O’Neal, qui lui-même semble anxieux à l’idée de jouer dans ce club, qui est presque déjà à 40 victoires après le All Star Break, soient réussis. Lui-même se confie aux journalistes « oui, cela ne m’est pas arrivé souvent mais je suis vraiment nerveux » quelques minutes avant son premier match avec les Suns. Juste après la nouvelle musique et vidéo d’introduction d’avant match avec bien sûr le Shaq en point d’honneur, les lumières qui se rallument laissent apparaitre les nombreux maillots floqués du numéro 32 déjà adopté par les habitués l’US Airways Center.
Mais lors de son premier match où il se voit affronter son ancienne équipe des Lakers … et surtout son ancien coéquipier Kobe Bryant (retrouvailles très amicales entre les 2 hommes), Shaq apparait plutôt en forme : certes 15 points et 9 rebonds pour un temps de jeu convenable, mais le bougre court partout et se jette à 2 reprises dans le public pour sauver le ballon, malgré une courte défaite au final.
Et au terme des premiers matchs d’O’Neal, si les plus pessimistes clament haut et fort que les Suns qu’on connait depuis 2004 sont bels et biens morts, d’autres remarquent de nombreux points positifs à l’arrivée du Shaq : clairement, non, Shaq ne ralentit pas l’attaque des Suns. Le repli défensif du pivot de 36 ans est un peu juste ce qui permet aux adversaires de contre-attaquer facilement, mais l’attaque des Suns est toujours basée sur ces shoots en première intention qui ne sont en rien affectés par la présence d’O’Neal sur le parquet. Si on ne trouve pas de position favorable, Shaq a le temps d’imposer sa masse dans la raquette pour que l’équipe puisse jouer avec la tour de contrôle. Shaq donne donc également davantage d’opportunités en attaque : plus de paniers en seconde chance, une vraie présence au rebond et un défenseur correct dans la peinture. De quoi donner enfin plus de place à la star en puissance Amare Stoudemire pour librement s’exprimer en attaque. Tous les arguments sont là pour montrer que Shaq, loin d’être préjudiciable à Phoenix, n’a pas transformé en profondeur leur jeu mais apporte peut-être ce petit quelque chose qui manquait aux Suns. Peut-être.

Car O’Neal, à la fin d’une saison étrange où il passe de franchise player sur le déclin à Miami à un pivot de luxe à Phoenix, adulé par toute une ville … reste sur un bilan en demi-teinte, ou plutôt son arrivée en Arizona (et donc le recrutement de Phoenix, notamment Steve Kerr qui devient le bouc émissaire des journalistes) est l’objet des plus cinglantes critiques.
Récupérant une moyenne aux rebonds qu’il n’avait plus atteint depuis ses grandes années à L.A. (10,6), le scoring d’O’Neal continue de chuter (12,9 points par match) ; chiffre à relativiser étant donné que cela n’est tout simplement pas le boulot qu’on lui demande à Phoenix. De plus, il finira une nouvelle fois joueur le plus adroit de la ligue, et atteint lui-même sa plus haute moyenne en carrière avec 61,1% aux shoots.

Les Plays-offs sont facilement atteints par la deuxième meilleure attaque de la ligue : avec un bilan de 55-27, elle fait partie des 8 équipes à l’Ouest qui se détachent largement du reste du peloton. Les Spurs seront aussi des leurs, et en tombant face aux coéquipiers de Tony Parker, MVP des finales en titre et de Tim Ducan, D’Antoni sait qu’il va faire face à une guerre tactique contre l’expérimenté coach de San Antonio Greg Popovich. Il ne croyait pas si bien dire… si la série est marquée par l’extraordinaire shoot de Tim Duncan lors du match 1 (son premier shoot à 3 points depuis 2 ans…), elle est restée sous le feu des projecteurs en raison d’une « tactique » déjà utilisée, mais jamais à un telle ampleur : le Hack-a-Shaq. Une technique simple mais terriblement efficace, qui consiste à envoyer O’Neal sur la ligne des lancers-francs, lui qui a l’une des adresses les plus horribles de l’histoire de la NBA. Seul joueur à dépasser les 5000 lancers-francs manqués en carrière après Chamberlain (statistique qu’il commente en affirmant ironiquement « Je suis fier d’être juste derrière mon père caché, Wilt »), il sera en 5 petits matchs envoyés à 64 reprises sur la ligne. En n’en marquant que la moitié, l’attaque des Suns est plus qu’amoindrie est les joueurs de Mike D’Antoni sont éliminés en concédant 4 défaites en 5 matchs.



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Shaq a beau avoir tout donné face à Duncan & cie : en vain. Au terme d’une série plus tendue qu’il n’y parait, O’Neal est et ses coéquipiers sont éliminés dès le premier tour des Play-offs.



Never Give up

Depuis, l’histoire est plus connue de tous. O’Neal joue dans l’une des équipes comportant le plus de talents de la ligue, entre Nash, Stoudemire, Hill ou autres Barbosa … mais Phoenix est aussi l’équipe la plus paradoxale de la ligue, et ce plus que jamais en cette saison 2008-09 : Mike D’Antoni a rejoint les rangs des Knicks et est remplacé par Terry Porter, l’ancien coach des Bucks. Ce dernier compte, au contraire de son prédecesseur qui semblait ne pas avoir découvert comment trouver l’alchimie dans cet effectif atypique, construire autour de Shaq notamment qui doit constituer la pièce maitresse de la défense.
Oui mais voilà, l’alchimie ne prend pas et si le début de saison est correcte, il n’est pas au début des attentes. De plus, la défense des Suns est indigne d’une équipe NBA : si l’adresse n’est pas au rendez-vous, c’est la défaite assurée. En laissant partir Raja Bell et Boris Diaw pour Jason Richardson, ce phénomène propre à Phoenix depuis 2004 s’accentue encore.
Et pourtant, malgré tout ce qu’on pourrait croire, O’Neal réussit à s’imposer dans cet effectif si talentueux et si décevant à la fois. La démission du coach Porter qui ne sera resté qu’une demi-saison et l’arrivé de Alvin Gentry après le All Star Break, adepte du run & gun (anciennement assistant sous l’ère D’Antoni) semble donner une seconde vie à Phoenix, qui débute sa seconde moitié de saison fort, très fort. Mais pas longtemps. Stoudemire voit sa blessure à l’œil l’empêcher à nouveau de jouer convenablement et est out pour la saison, faisant porter de nombreuses responsabilités sur les épaules de Shaq… qui a su une nouvelles fois prouver qu’elles étaient plus larges qu’on pouvait le croire.

Pour preuve cette saison à vite oublier sur le plan collectif (9ème à l’Ouest, les Suns n’ont même pas été qualifiés pour les Play-offs…), elle reste un symbole pour O’Neal qui a su faire taire ceux qui l’ont cru fini. Montrant qu’il sait encore rentrer dans la peau d’un top-scoreur (enchainant un match à 45 points puis un suivant à 33), il a aussi conservé ses talents de trash-talkers qui font à la fois son charisme mais entrainant de plus en plus nombreux de personnes qui insupportent le caractère du pivot : la preuve début mars lorsque Shaq s’adresse aux médias à propos de son ancien coach Van Gundy qu’il vient de rencontrer après un match contre Orlando : « Le flopping, c’est comme ça que je décrirai sa façon de coacher. […] Quand un idiot dit quelque chose et que je lui répond, oubliez direct ce qu’il a raconté. Je sais comment il est dans la vrai vie. Vous verrez quand les Play-offs vont commencer, il se mettra à paniquer ou à démissionner, comme il l’a fait à Miami. Tous les joueurs le détestent, personne ne l’aime ». Une autre fois cette année, vexé par les propos de Bosh qui lui reproche de camper dans la raquette, il répondit à un journaliste : De toute façon, Chris Bosh est la dragqueen des Big Men. Je lui réserverai le même traitement lors de nos prochains matchs, il retournera à chaque fois se plaindre ». C’est tout Shaq, ça : tout en finesse, rien dans l’excès.

Quoi qu’il en soit, il est cette année, à Phoenix, rentrant rentrée un peu plus dans l’histoire en dépassant successivement Havlicek, Wilkins, Robertson, Olajuwon, Hayes et Moses Malone dans la liste des plus grands scoreurs de l’histoire de la ligue, et passe ainsi 5ème de ce classement tellement convoité. Peu de chance qu’il rattrape le 4ème, Wilt Chamberlain, mais O’Neal positive, comme toujours : «Mathématiquement, avec toutes mes blessures, j’ai manqué 3 saisons. J’ai aussi loupé plus de 5000 lancers francs. Si j’avais été dans le coup, j’aurai pu être 2ème ou 3ème. […] Mais je suis fier de cette 5ème place, j’ai été constant dans mes performances et j’ai réalisé une carrière exceptionnelle… qui non, n’est pas encore terminée ».


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Parce qu’il faut une fin à tout


Comment conclure pour, en quelques phrases, résumer la carrière de cet homme qui aura incontestablement laissé son empreinte dans les raquettes de la NBA ? Comment expliquer l’explosion au lycée à San Antonio de celui qui a été élu dans la All-NBA first team 8 fois, et qui va poursuivre son parcours pré-NBA avec autant de succès en Louisiane ? Comment qualifier la formidable intégration du futur participant de 15 All Star Games (et finissant à 3 reprises MVP du match des étoiles) dans la grande ligue, à Orlando ? Combien de fans aura fait rêver le joueur le plus adroit de la ligue pendant 10 saisons lors de sa consécration à Los Angeles, où le Three Peat lui rapportera 3 titres de MVP des Finales ? A Miami avec Dwayne Wade, par quel miracle a-t-il réussi à inverser la tendance des finales pour enfiler la dernière de ses 4 bagues NBA ? En Arizona, enfin, où a-t-il trouvé les ressources pour prouver que, malgré ses 17 saisons NBA dans les pattes, il fait encore partie de la classe des très grands ?

Le premier MVP du XXIème siècle ne sais pas encore combien de temps il restera actif sur les parquets de la grande ligue. Encore un voire 2 ans, où les fans pourront se délecter des actions, paroles et gestes du 5ème meilleur marqueur de l’histoire de la NBA.

Il n’a jamais fait l’unanimité, rencontrant les plus grands succès comme subissant les plus cinglantes critiques. Mais une chose reste certaine : il est, et restera comme l’un des plus grands monuments de l’histoire du basket.
Le jour où il partira, une page se tournera. We will miss you, Shaquille O’Neal.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=JDxENd2gm30[/youtube]

En complément de cette biographie, voilà une série de photos et vidéos illustrant un peu plus le personnage de Shaquille O'Neal.
>> Shaq en images <<

Enfin, voilà un match du Shaq sous le maillot d'Orlando assez méconnu mais non moins extraordinaire puisqu'il compile 28 points, 24 rebonds et 15 contres face aux Nets du New Jersey. La qualité vidéo est moyenne mais la performance mérite largement le coup d'œil :

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par Da Pip
#294626
Merci pour cette biographie vraiment très intéressante et bien écrite. J'ai appris pas mal de choses au final comme le fait qu'il ait évolué à San Antonio en High School (en tant que fan des Spurs, ça me donne des idées :) !). Concernant le Shaq, j'aime également à rappeler que c'est le joueur dont j'ai le plus suivi la carrière et que le jour où il se retirera des playgrounds, ça me fera un sacré choc. Alors même si j'aime pas vraiment les Cavs, je crois que rien que pour le Shaq, j'apprécierai s'ils remportaient le titre. Shaq ou la dernière légende du basket encore en activité ! Encore merci pour ton travail et au plaisir de te voir une autre de tes biographies ;) !
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par Bobcat
#294631
Gros gros travai. Merci pour cette belle bion, j'en ai appris un paquet sur cet immense joueur (au propre comme au figuré). ;)
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par thomyorke37
#294633
Que dire? MERCI!
Magnifique article, super complet (bon on a un peu mal aux yeux en le finissant :lol: ), les quelques photos et vidéos enrichissent en plus un texte très bien écrit. Franchement félicitation et encore merci.

J'ai néanmoins quelques remarques à te faire:

- Tu ne parles pas du tout de sa non sélection avec la Dream Team (la vraie, celle de 1992) alors qu'il est choisi n°1 de la draft. Team USA avait préféré sélectionné la star de Duke Laettner et le Shaq en était très vexé, se considérant, et à juste titre, bien supérieur à l'intérieur des Blue Devils.

- Tu n'évoques pas ces changements de numéros de maillots. Les raisons de ces changements sont bien connus mais vu que ta bio est vraiment complète, tu aurais pu préciser les raisons des passages du n°33 à LSU au n°32 à Orlando au n° 34 aux Lakers avant de reprendre le 32 au Heat et aux Suns. Un point de détail je te l'accorde, mais de nombreux fans de basket prettent une grande attention à ce genre d'histoire.

- Tu passes trop vite sur l'élimination des Bulls: "si le premier tour face à Boston est une formalité, le deuxième est un exploit puisque le Magic sort de la compétition les Bulls d’un certain Jordan." Il aurait quand même été logique je pense de préciser au minimum que c'était un Jordan tout juste revenu de sa 1ère retraite.

- Sur sa sélection dans les 50 meilleurs joueurs de l'histoire tu écris: "pour cet évènement, on élit les meilleurs joueurs qui ont défilé ce dernier demi-siècle sur les parquets. Chamberlain, Abdul-Jabbar, Magic, Bird, pour ne citer qu’eux : présent depuis 4 petites années en NBA, Shaquille O’Neal est des leurs." Et c'est tout? Il me semble bien que cette sélection avait fait polémique. Beaucoup d'anciens regrettaient de voir un joueur quasiment débutant sélectionné alors que de glorieux anciens auraient sans doute mérité plus leur place à ce moment là.

Mais comme je l'ai dit en préambule, ton article est vraiment bon, je me suis régalé et j'y ai appris des choses comme par exemple sa rencontre en Allemagne avec son futur coach à LSU. Je savais bien sûr que le Shaq avait suivi son père adoptif en Allemagne mais je ne connaissais pas cette rencontre à seulement 13 ans avec Dale Brown.

PS: J'espère que tu resteras sur le forum pour nous faire partager tes connaissances basket.
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par Johni John
#294648
on moi j'ai pas encore tout lu, mais je vais le faire ! :lol:
Bien merci d'avoir posté ceci, c'est bien fait, du bon boulot.
Simplement pour ses stats en High School, chaque année t'es a quelques uns qui font les mêmes, c'est certain que c'est très fort, limite extraordinaire, mais tout de même assez banal de voir ça à ce niveau high school.

thomyorke37 a écrit :- Sur sa sélection dans les 50 meilleurs joueurs de l'histoire tu écris: "pour cet évènement, on élit les meilleurs joueurs qui ont défilé ce dernier demi-siècle sur les parquets. Chamberlain, Abdul-Jabbar, Magic, Bird, pour ne citer qu’eux : présent depuis 4 petites années en NBA, Shaquille O’Neal est des leurs." Et c'est tout? Il me semble bien que cette sélection avait fait polémique. Beaucoup d'anciens regrettaient de voir un joueur quasiment débutant sélectionné alors que de glorieux anciens auraient sans doute mérité plus leur place à ce moment là.

Roy Tarpley !!! :lol:
Non plus sérieusement, Do Wilkins évidemment...
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par Chris Paul69
#294651
Excellente bio, tout comme JJ j'ai pas encore fini de la lire (parce que c'est très très long et ça fait mal aux yeux^^) mais de ce que j'ai lu, je me suis régalé, tu n'as oublié aucun passage de la carrière du Shaq, c'est bien écrit, bon bien sûr il y a quelque oublie comme l'a signalé Thomy mais ça frôle la perfection !

Vraiment j'espère que tu resteras sur le forum pour nous faire partager tes connaissances basketballistique et tout ce qui en suit. Alors à bientôt sur le forum je l'espère !
Avatar de l’utilisateur
par jordan4ever
#294656
Félicitations, superbe biographie, très complète malgré des oublis que thom a eu le plaisir de te signaler. J'ai appris pas mal de choses sur lui, surtout niveau études, puis je ne l'avais jamais vu au lycée, très impressionnant, on comprend mieux son aisance à dribbler malgré son gabarit, une légende et on aura eu la chance de le voir évoluer, merci encore et continues.
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par Gatess
#294678
Merci à vous pour vos avis, c'est super encourageant et ça récompense le travail fourni, donc encore merci à tous.
Thks aussi pour les quelques précisions (de taille) que tu as fourni, thomyorke37. Je m'étais fait une liste des anecdotes et informations disons hors-sportives que j'avais sous la main, et j'ai fait un tri entre celles que je considérai indispensable et les autres, qui auraient été de trop à mon goût. L'histoire des changements de numéro faisait partie de cette seconde catégorie, mais il est vrai que j'aurai tout de même pu l'incorporer... Par contre il est vrai que tous les autres points que tu as souligné aurait pu (dû) y être, merci pour avoir pris le temps de les présenter.

Pour ce qui est de ma participation sur le forum, je suis actuellement stagiaire de l'équipe de rédaction d'un autre forum (basketevolution.com) mais c'est avec plaisir que je posterai ici mes autres articles et participerai à certaines discussions ;)
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par Fabulous95
#294759
CA c'est d'la biographie merci ;)

Gatess a écrit :
Enfin, voilà un match du Shaq sous le maillot d'Orlando assez méconnu mais non moins extraordinaire puisqu'il compile 28 points, 24 rebonds et 15 contres face aux Nets du New Jersey.


On dirait des stats à la NBA Live 09 :shock:
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