Viens revivre ici les plus grands exploits qui ont fondé la légende de la NBA: Larry Bird, Michael Jordan, Magic et bien d'autres encore.
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Le commencement

Bien qu’il y avait déjà 4 joueurs européens au moment du lancement de la NBA en 1947 (l’allemand Frido Frey, le polonais Lee Knorek, le néerlandais Hank Beenders et l’Italien Hank Biasatti), ce n’est qu’à la fin des années 80 que quelques joueurs européens vont commerncer à faire leur trou en NBA. Avant eux, les meilleurs joueurs du vieux continent n’osaient pas s’exporter alors qu’ils avaient potentiellement le potentiel pour s’y imposer.

On peut notamment penser à Krešimir Ćosić, l’immense pivot de l’équipe de Yougoslavie championne du Monde en 1970 et en 1978, championne olympique en 1980, et triple championne d’Europe en 1973, 1975 et 1977. L’intérieur croate mesurait 2m10 mais était extrêmement adroit au tir, prenait de nombreux rebonds et était également un excellent passeur. Le meilleur joueur européen des années 70 se laissera séduire par les Etats-Unis car de 1971 à 1973, il jouera pour l’université de Brigham Young qu’il mènera au tournoi régional final de la NCAA.
Après cette brillante carrière universitaire où il devient le premier Européen élu All America pendant 2 ans, il devient le premier yougoslave drafté mais, sous la pression de Tito, il refuse les avances des Los Angeles Lakers et des Portland Trailblazers et retourne au pays. Il faut aussi garder à l’esprit que dans les années 70, la NBA n’était pas aussi attirante qu’aujourd’hui ce qui faisait que les meilleurs européens hésitaient longuement avant de traverser l’Atlantique.

Au début des années 80, quelques joueurs européens partent tenter leur chance aux Etats-Unis mais sans grand succès. Le bulgare Georgi Glouchkov est un échec les plus retentissants : considéré comme l’un des 5 meilleurs joueurs d’Europe (23 points et 19 rebonds de moyenne pour la saison 1984-1985) lorsqu’il est drafté par les Suns en 1985, son passage dans l’Arizona tourne à la catastrophe. Ne parlant pas un mot d’anglais mais appréciant la nourriture américaine, il prend très vite du poids ce qui n’est pas du goût du staff des Suns. Mais ensuite, l’ailier de 2m08 s’est mis à perdre du poids inexplicablement et suite à ses performances décevantes lors du Summer Camp de 1986, les Suns le renvoient en Europe.

Sûr qu’après l’épisode Glouchkov, les franchises NBA n’étaient pas forcément très chaudes à l’idée de recruter des joueurs européens qui doivent s’adapter à un nouveau mode de vie et à un nouveau style de jeu. Et puis, malgré les dollars, il n’est jamais facile de passer de rang de superstar en Europe à celui de simple faire-valoir Outre-Atlantique. Heureusement de valeureux pionniers vont défricher le terrain et changer l’image des basketteurs européens aux Etats-Unis.


Les pionniers

L’allemand Detlef Schrempf est l’un de ces pionniers. En 1980, alors qu’il n’a que 17 ans, l’ailier de Leverkusen décide de partir pour le lycée puis l’Université de Washington. Ses performances convainquent les Dallas Mavericks qui le draftent en 8ème position en 1985. En 1989, ce formidable tireur à longue distance, comparé à Larry Bird à ses débuts, rejoint les Indiana Pacers où il est élu meilleur 6ème homme en 1991 et 1992. En 1993, il file vers Seattle et avec les Supersonics, il atteint la finale NBA, perdue contre les invincibles Chicago Bulls, en 1996. En 1999, il signe un dernier contrat à Portland et prend sa retraite en 2001.
Au final, il aura été 3 fois all star (93, 95 et 97) et aura même été élu dans la 3ème équipe type de la NBA en 1995. Detlef Schrempf est l’un des premiers européens à avoir eu un rôle majeur dans son équipe et a contribué à améliorer l’image du basket du vieux continent. Cependant, ayant passé 5 années à l’université et au lycée aux Etats-Unis, l’ailier allemand était considéré comme américain par le petit monde de la NBA…

Du haut de ses 2m24, Rik Smits s’est également fait remarquer par ses bonnes performances au sein des Indiana Pacers où il effectua toute sa carrière de 1988 à 2000. Membre du All-Rookie First Team en 1989 et sélectionné au All Star Game en 1998, Rik Smits n’aura jamais été meilleur que pendant les Playoffs : les fans des Pacers se souviennent encore de son tir à la dernière seconde face aux Orlando Magics lors de la finale de Conférence en 1995. Mais comme Schrempf, le pivot néerlandais avait été adapté au moule américain dès l’Université.

En 1989, les Los Angeles Lakers draftent Vlade Divac qui a la lourde tâche de succéder au légendaire Kareem Abdul-Jabbar. Mais le jeune pivot serbe de 21 ans remplit parfaitement son rôle et fait partie de l’équipe-type des Rookies de la saison 1989-1990. L’année suivante, il fait valoir ses capacités au contre, au rebond et en attaque et il atteint la finale NBA en 1991 qu’il perdra face aux Bulls de Michael Jordan. Divac poursuivra sa carrière NBA aux Hornets et aux Kings avant de réaliser une dernière saison sous le soleil de Los Angeles.

Mais le joueur qui va véritablement changer l’image du joueur européen s’appelle Drazen Petrovic. Quand il jouait dans son pays qui s’appelait encore la Yougoslavie, le fantastique shooter croate était capable de réaliser des matches à plus de 100 points ! En 1986, l’ailier du Cibona Zagreb est drafté par les Blazers mais en 1987, il préfère rejoindre le Real Madrid.
En 1989, il fait le grand saut et signe à Portland. Après 1 an et demi dans l’ombre de Clyde Drexler, il est transféré en janvier aux Nets de New Jersey où il explose : pendant deux ans et demi, il tourne à 20 points de moyenne, 50% au shoot et 45% à 3 points. A son grand regret, il est inexplicablement oublié de la sélection de l’Est du All Star Game de 1993 mais fait quand même partie All-NBA Third Team.
Mais le rêve américain de Drazen Petrovic prend fin au moment où son énorme travail à l’entraînement était enfin récompensé : le 7 juin 1993, alors qu’il revenait d'un tournoi de qualification de l’équipe nationale de Croatie en Pologne, il trouve la mort sur une autoroute allemande, il n’avait que 28 ans…
Admis au Hall of Fame en 2002, Drazen Petrovic restera dans l’histoire comme le premier joueur étranger arrivant directement aux Etats-Unis qui a eu un réel impact sur la NBA. Non content d’avoir une voie, celui qui aura été l’un des plus grands shooters de tous les temps aura également été un modèle à suivre et une source d’inspiration pour toute une génération de basketteurs européens.

Enfin, c’est un autre membre de l’équipe de Croatie vice championne Olympique en 1992 qui va être le premier européen à contribuer grandement au titre de Champion NBA, un certain Toni Kukoc. Drafté en 1990 par les Chicago Bulls, l’ailier de Split préfère dans un premier temps rejoindre le Benetton Trévise où il conforte son statut de meilleur joueur d’Europe.
En 1993, devant le pont d’or offert par les Bulls, cet ailier très technique franchit l’Atlantique où après la retraite de Michael Jordan, l’attente placée en lui est très grande, trop peut-être. Ajoutez à cela, la jalousie de Scottie Pippen face à ses émoluments et le temps d’adaptation à la nouvelle ligue et vous obtenez des débuts en NBA plutôt décevants. Mais avec le retour de Sa Majesté Jordan en avril 1995, les Bulls vont retrouver leur rang et Kukoc, bien que relégué sur le banc par Phil Jackson, va prendre une part importante dans ces nouvelles conquêtes. En 1996, le croate est élu meilleur 6ème homme de la NBA et décroche sa première bague de champion, 2 autres suivront en 1997 et 1998. En 1999, les Bulls se séparent de leur dernière star et Tony va voyager à Philadelphie et Atlanta avant de se poser pendant 4 saisons et demies à Milwaukee où il prend sa retraite en septembre 2006.

Au même moment, d’autres joueurs européens vont faire leur trou en NBA, certes plus discrètement, et contribuer à l’amélioration des joueurs internationaux. Parmi eux, on peut citer l'arrière lituanien Sarunas Marciulionis (8 saisons de 1989 à 1997), l’ailier-fort croate Dino Radja (4 saisons aux Celtics entre 1993 et 1997), l’ancien pivot roumain de Pau-Orthez Gheorge Muresan qui du haut de ses 2m30 a été élu meilleure progression de l’année en 1996, l’arrière serbe Pedrag Danilovic ou le pivot lituanien Arvydas Sabonis.
Ah Sabonis, il est certainement né 10 ans trop tôt car un intérieur de ce calibre n’existe pas dans le basket actuel. Très adroit à 3 points et excellent passeur malgré ses 2m20, porté sur la vodka, le lituanien était un joueur hors norme. Drafté par Portland en 1986, il ne rejoint l’Oregon qu’en 1995, à 31 ans. Ce qui ne l’empêchera pas de réaliser 7 saisons au plus haut niveau.


L’Europe conquérante

Grâce aux succès de ces pionniers, les recruteurs américains vont s’intéresser de plus prêt aux joueurs de la vieille Europe, surtout que les joueurs de talent dont nous parlions précédemment ont tous été piochés dans les profondeurs de la draft. Et puis, les compétitions internationales ont montré que l’Europe pouvait désormais rivaliser avec les Etats-Unis : le temps où la Dream Team battait la Croatie de 32 points en finale des Jeux Olympiques de Barcelone. Parce que si l’Europe a progressé, les Etats-Unis ne pourront plus jamais compter sur une équipe aussi exceptionnelle que celle de Barcelone.
Mais à la fin des années 90, les scouts n’ont pas encore une grande connaissance du basket européen : par exemple, les recruteurs de la NBA ont seulement découvert à l’occasion de l’Euro 99 qu’Antoine Rigaudeau, alors le meilleur joueur d’Europe, était un meneur de grande taille ! Mais les équipes européennes ne vont pas se ruer sur les vedettes européennes mais vont plutôt miser sur des jeunes prometteurs. Leurs noms ? Pedrag Stojakovic, Dirk Nowitski, Pau Gasol, Zarunas Ilgauskas, Mehmet Okur, Tony Parker ou Andrei Kirilenko

Cette stratégie est payante car ces jeunes joueurs sont plus athlétiques que leurs aînés et s’adaptent plus facilement à leur nouvel environnement car ils n’ont pas beaucoup joué avec les règles FIBA. Et puis, ces joueurs européens ont un vécu plus important que les jeunes américains car leurs championnats nationaux sont d’un niveau supérieur à l’Université ou au Lycée. Enfin, les joueurs européens sont bien plus complets et polyvalents que les joueurs américains qui sont très vite spécialisés et jouent plus sur leurs qualités athlétiques que sur leur technique. Les entraîneurs, enfin ceux qui comprennent le jeu européen, sont contents de disposer dans leur équipe de joueurs sachant ce qu’est un collectif.
Cet afflux de joueurs européens (et internationaux) est vu également de façon positive par David Stern, le patron de la Ligue, car dans les pays d’origine des joueurs concernés, on s'intéresse beaucoup plus à la NBA et ces nouveaux fans regardent plus de matches et achètent plus de produits dérivés : eh oui, la NBA est plus que jamais un business.
En plus, l’arrivée de joueurs du monde entier a éviter à la Ligue de se ghettoïser : les Européens ne sont pas issus de la culture gangsta rap comme la plupart de leurs homologues américains.

Mais recruter un européen n’est pas obligatoirement synonyme de succès : souvent à cause d’entraîneurs qui ne savent pas tirer profit des qualités des joueurs qu’ils ont entre leurs mains. Que faisait un joueur aussi talentueux que Macijauskas sur le banc d’une équipe aussi faible que les Hornets ? Pourquoi Jasikevicius est-il cantonné à un simple rôle d’arrière shooter alors que c’est un meneur de jeu de génie ? Comment un joueur comme Spanoulis qui ridiculise les stars américaines avec la Grèce peut-il se retrouver à jouer les utilités avec Houston ? Boris Diaw est passé du statut de joueur mineur de la pire équipe de la NBA à celui de joueur clé d’un prétendant au titre, comment un tel miracle est-il possible ? Parfois, les joueurs partent trop tôt comme Darko Milicic, numéro 2 de la draft 2003 (donc devant Carmelo Anthony, Dwyane Wade, Chris Bosh ou Kirk Hinrich), qui tarde à confirmer les grands espoirs placés en lui. D’autres comme Bodiroga ou Papaloukas, jugés trop lents malgré une technique exceptionnelle, ont préféré rester en Europe : quand on voit le traitement accordé à Antoine Rigaudeau, on ne peut pas leur donner tort.

Malgré quelques échecs, les franchises vont prendre de plus en plus de risques avec les Européens : les Raptors ont bien pris Andrea Bargnani comme premier choix de la Draft 2006. Comme le font les Spurs avec Ian Mahinmi, les équipes ont miser très tôt sur des jeunes au fort potentiel et vont les laisser se développer tranquillement en Europe. Le pari est risqué mais peut se révéler payant.

Vue l’évolution des choses, la place des européens en NBA devrait continuer à grandir : l’expérience réussie de Toronto le confirme. Mickael Pietrus ou Luol Deng ont déjà atteint un niveau plus qu'intéressant, Jorge Garbajosa montre qu'on peut réussir rapidement en NBA après avoir passé toute sa vie en Europe et Nenad Krstic, Jose Manuel Calderon ou Andris Biedrins pourraient eux aussi se faire très vite une place au soleil. Et bientôt, on devrait voir débarquer Rudy Fernandez, Ricky Rubio, Nicolas Batum et peut-être la grande vedette de l’Euroligue, Juan Carlos Navarro. Mais si «La Bomba» a été draftée en 2002 par les Washington Wizards, il se murmure que le club de Gilbert Arenas devrait payer 10M€ pour s’attacher les services du talentueux catalan.


Les basketteurs européens n'ont pas fini de faire parler d'eux aux Etats-Unis : ils ont d'ailleurs déjà remporté tous les titres possibles sauf un et pas des moindres, celui de MVP. Mais ce manque pourrait être comblé dès cette année par Dirk Nowitski... Je sais qu'aucun européen n'a gagné le concours de dunks mais est-ce bien important ?
Toutefois, les véritables stars de la Ligue sont américaines : il suffit de jeter un coup d'oeil aux ventes de maillots. Les Européens, sauf Nowitski ou Gasol, voire Parker, ne sont pas des franchises players, plutôt des bons joueurs d'équipe qui ont parfois leur heure de gloire. C'est le prochain défi qu'ils auront à relever : qu'il y ait plus de joueurs majeurs européens en NBA sans que ces derniers oublient que le basket reste un sport collectif...
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par the Glove
#115549
Très bon article qui permettra, je l'espère, à certains de découvrir pas mal de choses sur les joueurs européens.
ps : Nowitzki ;)
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par DINO
#115585
Si tu veux étoffer encore ton article, tu peux parler de l'expérience de Dubuisson à un camp des nets en 1984.
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par ThaTrigga
#115695
Mais c'est toi qui l'a écrit cet article?
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par Artzamendi
#115697
Oui, c'est lui, il n'a rien à foutre de ces journées
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par JAV du 03
#115714
Sinon Il a eu un Français drafté dans les anees soixante mais j'ai bouffé son nom. Je sais qu'il faisait 2m 18
par petrovic
#115732
JAV du 03 a écrit :Sinon Il a eu un Français drafté dans les anees soixante mais j'ai bouffé son nom. Je sais qu'il faisait 2m 18


jean claude lefevre
par Tiji
#115744
:lol: Jean claude lefèvre... :lol: excusez moi...

j'en connait un autre un français de 2m18 qui s'est fait drafté par les Knicks... :? Fredzilla! :lol:

Où l'art de gacher un premier tour de draft...
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par DINO
#115785
Autres vieux européens draftés :

Dino Meneghin a été drafté en 1970 au 11ème tour par les hawks.

Panagiotis Giannakis a été drafté en 1982 par les celtics au 207 ème rg. (sans parler du grec du new jersey Nick Galis)
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par Le cyclone
#116035
C'est vrai qu'il y a pas mal de joueurs européens qui ont été draftés et qui au final ne sont jamais venus : mais comme ça, Weiss, il n'aura pas alourdi un peu plus la masse salariale des Knicks !
C'est également vrai qu'il y a eu des joueurs comme Dubuisson qui ont fait les Summer Camps et ont été recalés : à l'époque, c'était même une reconnaissance de participer à ces camps !
Mais quand on voit qu'aujourd'hui un joueur comme Mahinmi est drafté au premier tour alors que l'immense basketteur qu'était Dacoury n'a jamais eu sa chance malgré ses étés passés aux Etats-Unis...
Enfin, il y a aussi ces joueurs qui allaient à l'Université aux USA et finalement ont fait leur carrière en Europe. Je pense à Yann Bonato par exemple.
Tout ça pour dire que quand j'étais gamin, on considérait Dominique Wilkins comme un français parce qu'il était né à Paris ! Maintenant, on a plein de français et on trouve ça presque normal ! Les choses ont changé tellement rapidement !
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